Présidente de Charente Espéranto, Marie-France Conde-Rey est en train de traduire en français le journal de Pierre Louis, un prisonnier de guerre espérantiste. Une histoire personnelle et collective.

Qui comprendra les mots malliberula babilado ? Les espérantistes qui tomberont sur CL aujourd'hui. Mais aussi les autres qui auront l'occasion de lire la traduction du «Bavardage d'un prisonnier» sur laquelle travaille Marie-France Conde-Rey, présidente de l'association Charente Espéranto.

Un journal pas banal qui raconte la guerre de position, la Débâcle de 1940 et les premiers temps d'une vie de prisonnier en Allemagne... mais en espéranto. Quelque 180 pages écrites entre 1940 et 1942 par Pierre Louis, décédé en 1996. C'est son fils, Jean-Paul Louis, fondateur des Editions du Lérot à Tusson, qui l'a trouvé en vidant la maison, parmi des cartons de livres et de revues espérantistes.

«Enfant, j'ai suivi mes parents de congrès espérantistes en congrès espérantistes, mais je ne parle pas cette langue. Je n'avais jamais entendu parler de ce carnet. Mon père ne parlait pas de cette période de sa vie», avoue Jean-Paul Louis. 

«El koncentrejo»

Espérantiste des sections d'extrême-gauche, dans la mouvance internationaliste  (...)

"Un vrai trésor"

Raconté dans une écriture très serrée, penchée, sans aucune rature, ce morceau d'histoire personnelle et collective est ponctué de fleurs séchées collées, de cartes et de dessins, de portraits saisissants de camarades au crayon à papier notamment. «Il échangeait du tabac et de la nourriture contre des portraits», raconte la traductrice.   (...)


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