Le Champ-de-Manœuvre a été secoué par de graves incidents la semaine dernière. Les démonstrations de force menées depuis semblent attiser la défiance entre jeunes et policiers.

Deux planètes qui au mieux s'ignorent au pire s'affrontent. Au Champ-de-Manœuvre à Soyaux, ce n'est pas un fossé qui sépare jeunes et policiers, c'est un mur en béton armé. Un mur d'incompréhension et de ressentiment. Parfois de haine. Depuis une semaine, depuis qu'aux nuits chaudes et incendiaires ont succédé les descentes spectaculaires de forces de l'ordre dans le quartier, la tension augmente.
Cette démonstration de force, c'était clairement un message envoyé à une population excédée dans sa grande majorité. Une façon de dire que la police est là, que le Champ-de-Manoeuvre n'est pas une zone de non-droit. «Mais tout ça, ça calme rien. Au contraire», dit Mehdi, 21 ans, pas le profil du délinquant.
   (...)

«S'asseoir sur un banc, c'est un contrôle assuré»

Depuis la semaine dernière, depuis que les regards sont braqués sur leur quartier, ils jurent «que tout a changé». «Les jeunes sont dans le collimateur. Tous les jeunes. Alors qu'ils sont combien à avoir brûlé les engins et les grues? Vous trouvez normal qu'on soit tous mis dans le même sac?», interroge Mehdi. Il cite des anecdotes: «Depuis la semaine dernière, s'asseoir sur un banc, juste pour discuter avec un ami, c'est l'assurance d'un contrôle d'identité. On est tous dans le viseur maintenant.»

(...)

   CHARENTELIBRE.fr   

 

Également : UN MOIS FERME APRÈS INTERPELLATION HOULEUSE AU CHAMP-DE-MANŒUVRE