Lundi, les élus angoumoisins ont voté la résidentialisation controversée des logements sociaux à Ma-Campagne. Et à Basseau, on s'inquiète. Les habitants de Ma Campagne vont payer l'entretien des abords des immeubles.

En Conseil municipal, on n'a pas vraiment l'habitude de l'entendre. Mais quand elle parle, Nadine Doucet, conseillère d'opposition, entend bien porter, avec ses mots, la parole des habitants de son quartier de Basseau. Un quartier qui entre cette année dans le dur des travaux de renouvellement urbain. Clairement, Nadine Doucet a traduit quelques inquiétudes. Sur une éventuelle hausse incontrôlée des futurs loyers qui chasserait du quartier ses habitants d'hier et d'aujourd'hui. Ou sur la disparition de l'un des deux centres sociaux de Basseau et de la Grande-Garenne    (...)

Cela dit, Nadine Doucet a trouvé un peu de réconfort au sein même de la majorité. Chez le communiste Nicolas Baleynaud qui compare les ORU (opération de renouvellement urbain) à « une opération de nettoyage haute pression des quartiers ».

Trois euros par mois

Surtout, le débat a rebondi au moment où le Conseil a voté le transfert des espaces résidentialisés de Ma-Campagne aux bailleurs sociaux. Pour faire clair, la ville cède à l'OPH (office public de l'habitat) de l'Angoumois, au Foyer et à Logelia 21 581 m2 de terrain autour de six résidences et 402 logements à Ma-Campagne. À charge pour les bailleurs sociaux de répercuter le coût d'entretien de ces espaces, autrefois entretenus par la Ville, sur les locataires. Là aussi, Philippe Lavaud dit qu'il s'agit d'une conséquence directe de la convention Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) signée par Philippe Mottet en 2005. Simplement, Philippe Lavaud annonce que Logelia et l'OPH de l'Angoumois lui ont assuré que la résidentialisation n'excéderait pas trois euros par mois. Par principe, Nicolas Baleynaud vote contre la délibération, en dépit de l'appel à la solidarité de Philippe Lavaud qui ne souhaite pas avoir à rembourser les aides d'État déjà obtenues pour le renouvellement urbain. Finalement, la délibération est adoptée. Nicolas Baleynaud n'est pas le seul à voter contre. L'opposition aussi. « Comment peuvent-ils voter pour en 2005 et contre aujourd'hui ? », s'interroge Frédéric Sardin. 

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