MIDI EN CHARENTE AVEC BOYER

L'émission animée par Laurent Boyer tous les midis sur France 3 est à Angoulême pour la semaine. «Midi en France», c'est 7h30 de programmes made in Charente. Une vitrine qui n'évite pas les poncifs.

L'odeur des cagouilles cuisinées par Philippe Lhomme, même à 11h, ça donne envie. Le chef de l'Auberge du Cheval Blanc à Luxé était, hier, le premier des maîtres queux locaux à tester la cuisine de «Midi en France». L'émission de Laurent Boyer s'est installée pour la semaine sur la place des Halles. Seule ambition: «Donner envie aux gens de venir découvrir la Charente et la région».

«Midi en France», est la nouvelle vitrine des régions sur France 3. Un gros barnum qui mobilise 87 personnes. Dont 14 chroniqueurs et 24 journalistes. L'émission déchaîne aussi les passions dans les magazines. Un bruit constant qui agace Laurent Boyer dont l'interview en queue de poisson dans CL hier a fait le buzz sur les sites internet spécialisés dans la télé. Critiques des audiences, du coût et du financement qui énervent aussi ses producteurs, Stéphane Gateau et Jérôme Revon.

«Angoulême ne nous verse pas un centime», désamorce Stéphane Gateau. «Elle nous aide techniquement.» Prêt d'une salle, mise à disposition de deux hôtesses et de la police municipale. L'équivalent de moins de 3.000€ pour offrir à la Charente sept heures et demie d'antenne plus que positive. 

Laure Thomas, de Charente Tourisme, ou Sophie Bobe, du bureau national du cognac, ont saisi tout l'intérêt de la chose. Elles sont en coulisses et n'hésitent pas à faire du placement produit. Sur le plateau, la Charente défile. Les poules de Barbezieux, les chocolats Letuffe, les pâtisseries Hue, la visite du château de La Rochefoucauld en costumes, la Bugadeuche de Jean-Paul Brouillet...

«Les Charentais sont appelés les Cagouillards», n'évite pas l'inusable chroniqueur Pierre Bonte. «Parce qu'ils prennent leur temps.» Malgré toute la bonne volonté de l'équipe pour faire découvrir l'insolite, les poncifs ont la vie dure.

En revanche, Angie, l'assistante de prod, est loin d'être une cagouillarde. Discrètement, elle gère l'enchaînement des invités, le plaçage du public, on lui demanderait presque de débloquer le bouchon naturel de voitures qui circulent place des Halles.

En régie, le réalisateur, Frédéric Talfumière, distille régulièrement les belles vues de la ville, réalisées depuis le beffroi de la mairie. «Nos spectateurs ont envie d'images comme celles-ci», assure Nathalie Schraen, conseillère de programme pour France 3 qui ne doute pas du succès à venir de l'émission. «Les courbes d'audience sont à la hausse. Et chaque spectateur gagné reste fidèle.»

«Nous sommes parfaitement dans la mission de France 3», poursuit le producteur qui fait de l'enracinement régional la principale qualité de l'émission.

«Midi en France», à Angoulême, place des Halles, jusqu'à vendredi, à 10h50 et à 13h sur France 3. L'enregistrement se fait en public.

Jean-Claude: "Je voudrais aussi la dédicace de Ferniot"

On ne pouvait pas le rater à l'antenne. Jean-Claude était juste derrière Laurent Boyer pendant la première partie de l'émission. Cuisinier mais aussi organisateur de signatures avec les comédiens de «Plus belle la vie», ce Charentais n'aurait raté pour rien au monde l'enregistrement de «Midi en France». Son livre de dédicaces à la main, à la coupure, il a d'abord été voir la vedette Laurent Boyer. «Je voudrais aussi la dédicace de Vincent Ferniot.» C'est timidement qu'il a réussi à s'approcher du chroniqueur spécialisé dans la gastronomie.

Brigitte: "Je viens de Niort accompagner une amie"

On l'a vue se lever puis disparaître du public. Brigitte, qui était dans la tribune, à droite de l'animateur, ne supportait plus le soleil qui perçait le toit transparent du plateau de l'émission. Prête à partir alors qu'elle venait de faire plus de 100 km. «Jeviens de Niort. J'accompagne une amie qui voulait venir voir.» Rattrapée avant qu'elle ne quitte le plateau, elle a été recasée de l'autre côté, à l'ombre. «C'est la première fois que j'assiste au tournage d'une émission. Je trouve que c'est un peu mou. Ce n'est pas fait pour le public derrière.»