Le Conseil des Droits et Devoirs des Familles
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UNE USINE A GAZ, DANGEREUSE ET INEFFICACE

Le CDDF fait l'amalgame, entre prévention de la délinquance, soutien éducatif, relations d'aide, sans aucune réflexion de fond ni traitement social des causes.

Décrié par les professionnels de la santé et du social, par les syndicats, par les associations et autres collectifs, le CDDF n'a pas pour objectif d'aider comme il le prétend mais au contraire de recenser, de montrer du doigt les familles en souffrance et enfin de les sanctionner. Bien qu'il n'y ait pas que les gens en difficulté sociale qui ont des problèmes de parentalité, le lien est vite fait entre pauvreté et délinquance.

Le secret professionnel de tous les travailleurs sociaux et éducatifs, seule garantie d'une relation de confiance, disparaît. Cette loi a été rejetée par la totalité des organisations professionnelles jusqu'au Conseil de l'Ordre des médecins. Pour ces mêmes raisons, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a manifesté à l'égard de cette loi, une opposition déterminée et en a demandé l'abrogation.

La CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) a émis une réserve sur ce dispositif de signalement des mineurs et des familles à problème résidant dans la commune. Il a été institué sans qu'aucune garantie soit apportée « ni sur l'origine des informations qui seraient utilisées pour procéder à ce signalement, ni sur les critères déclenchant ce signalement, ni sur les modalités de transmission et de traitement des informations et la nécessaire confidentialité de celles‑ci »,

En conséquence, les échanges de données nécessaires à la mise en place du Conseil pour les droits et devoirs des familles sont soumis à autorisation préalable de la CNIL, qui examinera avec vigilance les annexes « sécurités » et «échanges de données ».

UN RECOURS À L'ORDRE MORAL ET À LA PÉNALISATION

On s'éloigne des politiques d'accompagnement social et de soutien social, pour en arriver à une politique de contrôle social, dans le seul souci de protéger la société plutôt que les enfants et leurs familles, les personnes les plus modestes, celles qui ont le plus besoin d'être soutenues.

Cette loi remet en cause l'existence du secret professionnel qui lie en principe les assistantes sociales. Désormais, beaucoup d'informations remonteront au maire, ce n'est pas de la prévention.

On glisse vers un système de surveillance...

IL Y A TROP D'INCERTITUDES

Qu'est‑ce que ce Conseil des Droits et Devoirs des Familles amènerait de plus que le Programme de Réussite Éducative ?

Que devient le C L S P D  ?

A part faire les gros yeux à des parents déjà en difficulté, quels seront les moyens mis en place pour aider les familles à gérer leur parentalité ?

 PereFouettard

Les enfants en difficulté sont déjà repérés par les travailleurs sociaux et l'Éducation nationale et les juges pour enfants ne se gênent pas pour passer un savon aux parents.

Enfin , quelle sera la formation des élus qui siégeraient dans ce conseil pour savoir ce qu'est un « bon parent » ?

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Extraits de l'intervention de Denis Lavauzelle au Conseil municipal de Soyaux

Toutes ces interrogations, sans réponse convaincante de la majorité municipale, ont conduit les élus communistes de Soyaux à voter contre cette délibération, qui sera, sans aucun doute, à l'ordre du jour dans d'autres Conseils municipaux.


Article publié début février dans " nouvelles de la charente "