Les postiers n'en savaient rien : mardi après-midi, des intérimaires avaient été mobilisés pour assurer la tournée. 

SoyauxPiquetGreve

 - Piquet de grève à Soyaux, mardi midi. Pendant ce temps-là, les intérimaires étaient déployés au bureau de Ruelle. - Photo T.D. -

Une équipe de CDD tout exprès recrutée pour assurer l'ensemble des tournées. C'était le plan B de la direction de La Poste, effectif dès mardi après-midi, au deuxième et dernier jour de la grève des facteurs de Soyaux et Angoulême.

Jointe par « Sud Ouest », Suzanne Gontier, directrice de la plate-forme de distribution de Fléac, avait évoqué « un dispositif » censé pallier autant que possible les absences des postiers. Elle n'en avait pas donné la mesure, les intéressés ne l'avaient guère soupçonnée. Patricia Bonneau, secrétaire générale de la CGT-FAAP, pensait sur le coup qu'il était fait allusion aux habituels CDD que les facteurs comptent dans leurs rangs.

À la poste de Ruelle

Philippe Jaulin, de FO, croit savoir que c'est « une trentaine d'intérimaires » qui ont été mobilisés. Difficile d'avancer leur nombre exact ou la durée de leur contrat. Suzanne Gontier n'en dit pas plus, renvoyant à un « engagement national de distribution du courrier » : « C'est une disposition de continuité de service. » Toujours est-il que mercredi, des facteurs croisaient encore des CDD œuvrant en binôme sur les tournées. Les locaux du bureau de Poste de Ruelle ont servi de base arrière aux équipes bis : c'est là que le courrier a été discrètement réparti. « On ne s'est pas du tout méfié ; on n'a pas vu passer les camions au bureau d'Angoulême », convient Philippe Jaulin.

Et d'assurer que les tournées n'ont pu se dérouler dans de bonnes conditions : « Des facteurs ont eu la surprise de voir du courrier par terre, devant les portes. Les intérimaires n'avaient pas de pass. C'est peut-être un métier basique, mais on ne s'improvise pas facteur. Nous sommes beaucoup à être en colère. »

« Mme Gautier ne nous avait jamais parlé de ça au cours des négociations. Ils ont fait leur coup en douce. C'est un délit d'entrave au droit de grève », réagit Patricia Bonneau. La polémique sera abordée ce matin lors d'une rencontre entre direction et organisations syndicales. La grève n'avait été que « suspendue », rappellent les syndicalistes : « la façon dont la direction agit ne va pas arranger les choses. »

   SUDOUEST.fr