15/06/2011 | Mise à jour : 08:09

Le centre de la capitale a été secoué mardi soir par deux puissantes explosions. Crédits photo : AHMED JADALLAH/REUTERS 


Après trois jours d'interruption, deux puissantes explosions ont été entendues mardi soir dans la capitale libyenne. Au sol, les rebelles ont progressé dans l'ouest mais ont subi de grosses pertes dans l'est.
 

Explosions à Tripoli

Epargné durant trois jours par les bombardements de l'Otan, le centre de la capitale a été secoué mardi soir par deux puissantes explosions. L'agence officielle libyenne Jana a affirmé peu après que les raids de l'Otan avaient visé des «sites civils dans la zone de la cité al-Fernaj».

Progression des insurgés dans l'ouest

LibyeInsurgesDans l'ouest du pays, les rebelles ont réussi mardi à prendre pour la première fois le contrôle du village al-Rayaniya. Ce village est situé sur la route entre les villes de Zenten et Yefren, tenues par les insurgés, dont l'objectif est de faire la jonction entre les deux villes.

Une vingtaine de rebelles tués dans l'est

Sur le front de l'est en revanche, 21 rebelles ont été tués lundi dans des combats avec les forces de Mouammar Kadhafi, qui ont fait rage ces derniers jours entre Ajdabiya et Brega. «Nos hommes ont été piégés. Les soldats de Kadhafi ont fait semblant de se rendre, ils sont arrivés avec un drapeau blanc, puis ils leur ont tiré dessus», a affirmé un commandant des rebelles. La situation était selon lui plus calme mardi.

Selon l'ONU, le conflit a fait depuis le 15 février entre «10.000 et 15.000» morts et obligé près d'un million de personnes à prendre la fuite.

Questions au sein de l'Otan

Dans le même temps, les interrogations fusent sur la capacité de l'Alliance atlantique à disposer de moyens militaires suffisants pour mener à bien sa mission si l'opération doit se prolonger trop longtemps. Le commandant suprême allié pour la transformation de l'Otan, le général français Stéphane Abrial, a ainsi jugé mardi que dans ce cas, «la question des ressources deviendra critique». Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates avait déjà averti la semaine dernière les alliés sur leur manque d'investissements militaires qui pourrait «compromettre» l'efficacité de la mission. Mais la porte-parole de l'Otan a voulu dissiper les doutes en estimant qu'il est «clair» que l'Alliance dispose des moyens nécessaires pour «maintenir la pression» sur Kadhafi.

L'opération suscite également le débat aux Etats-Unis, où le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a rappelé mardi à Barack Obama que la loi américaine interdit de prolonger une guerre au-delà de 90 jours sans autorisation du Congrès. Les députés canadiens ont quant à eux approuvé une prolongation de trois mois de leurs opérations militaires au sein de la mission de l'Otan. Le Canada est l'un des principaux pays engagés dans ces opérations.

Le CNT reconnu par le Canada

Parallèlement, la rébellion a remporté de nouveaux succès diplomatiques avec la reconnaissance par le Canada et Panama de son organe politique, le Conseil national de transition (CNT), comme «représentant légitime» du peuple libyen. La Tunisie se dit prête à faire de même si le CNT le lui demande. Au total, 15 pays dont la France ont déjà reconnu la rébellion.

Avec AFP   

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