24 juin 2011 09h36   Natacha thuillier    

La gestion est confiée pour six ans à SNC-Lavalin, qui gère déjà onze aéroports dans le monde. Une première ligne commerciale est prévue pour l'été 2013. 

Après l'épisode Ryanair, l'aéroport va retrouver des lignes de transport de passagers. archives I. Louvier 

Il y avait deux candidats en lice pour reprendre, à partir du 1er janvier, la gestion de l'aéroport Angoulême-Cognac. Hier, le Syndicat mixte des aéroports de Charente (Smac) (1) a désigné les Canadiens de SNC-Lavalin, une entreprise internationale dont la branche « aéroports » gère déjà ceux de Tarbes, Vannes, Rouen en France ou La Valette à Malte.

Lavalin aura les clefs de l'aéroport pour une durée de six ans. L'entreprise a prévu de garder les employés qui travaillent actuellement sur le site (17 équivalents temps plein) sans remplacer, toutefois, les deux départs en retraite prévus.

Les délégués au Smac avaient demandé deux scénarios à chacun des deux candidats (l'autre étant Apco, une émanation de la CCI de Limoges, qui gère l'aéroport de la Haute-Vienne) : l'un sans ligne commerciale, l'autre avec un développement et des lignes commerciales.

C'est le scénario « avec lignes commerciales » de SNC-Lavalin qui a été choisi hier par le Smac lors du comité syndical.

Trois rotations par semaine

Ce « scénario volontariste » est décrit ainsi par le candidat : « Il peut être envisagé l'ouverture de trois lignes sur six ans vers le Royaume-Uni et l'Irlande à raison de trois rotations par semaine durant la saison d'été avec un avion d'une capacité de 78 places. » Une saison d'été court d'avril à octobre.

Après le clash avec Ryanair fin 2009 - déclenché, on s'en souvient par une demande de rallonge financière en cours de contrat à laquelle le Conseil général a dit niet - et la tentative avortée de faire venir Cityline, l'aéroport Angoulême-Cognac proposera donc à nouveau des lignes de transport de passagers au départ de Brie-Champniers. Les noms de Flybe ou Easyjet ont été prononcés.

Le choix des compagnies

« Nous aurons notre mot à dire sur le choix des compagnies, insistait hier la présidente du Smac, Nicole Bonnefoy, à la sortie du comité syndical. Nous allons construire ce projet avec eux. Ce sera un partenariat. »

C'est que le Smac a été « échaudé » par les épisodes précédents. Du coup, l'élue qu'est Nicole Bonnefoy emploie à plusieurs reprises les mots « prudents » et « vigilants ». « Nous serons très prudents. Ce bel outil qu'est l'aéroport doit servir toute la Charente. Nous entendons construire un projet de développement très solide. Et nous serons vigileant sur le personnel. »

La présidente du syndicat mixte entend d'ailleurs aller voir les salariés la semaine prochaine pour leur expliquer le choix du futur gestionnaire.

En matière de finances, l'adoption du scénario avec lignes commerciales aura forcément des implications. « Mais l'investissement ne sera pas plus coûteux que pour Ryanair », avance Nicole Bonnefoy.

« Du temps perdu »

Ryanair plane - c'est le cas de le dire - encore dans toutes les têtes. François Bonneau, leader de l'opposition au Conseil général et également délégué au Smac, considère toujours « qu'il aurait mieux valu négocier le développement d'une deuxième ligne (contre la rallonge demandée NDLR) plutôt que d'aller au clash. » Et note que l'objectif en nombre de passagers avancé par le futur gérant en 2017 (un peu plus de 36 000) correspond à ce que transportait Ryanair en 2009 avec un seul avion, mais beaucoup plus gros.

« Nous avons perdu beaucoup de temps. Cinq ou six années au minimum. Et perdu beaucoup d'argent. » Le choix du gestionnaire validé hier, en revanche, ne soulève de sa part aucune remarque.

(1) La CCI est actionnaire du Smac à hauteur de 32 %, tout comme le Conseil général et le Grand-Angoulême. Les CdC de Cognac et Braconne-Charente complètent l'actionnariat.

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