Des lâchers d'eau des barrages ont commencé afin de permettre l'irrigation 

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Des lâchers d'eau d'un faible débit ont commencé la semaine dernière. photo isabelle louvier

Au petit jeu de savoir si la sécheresse de 2011 est pire que celle de 1976, Météo France est en passe d'y apporter une réponse positive. Cette année, le cumul moyen des précipitations entre le 1er mars et le 20 juin n'est que de 78 millimètres pour une normale de 278 mm. Pour comparaison, en 1976, et malgré un mois de juin quasiment sans pluie, l'indicateur atteignait près de 110 mm sur la même période, soit 32 mm de plus que cette année. Les quelques orages de ce début de mois ont un peu évité que la situation se dégrade davantage, mais cette sécheresse reste exceptionnelle.

D'une manière générale, à voir le nombre de points d'exclamation dans le résumé de la situation de la saison agronomique fourni par Météo France, on comprend que l'affaire est grave. « Il manque entre 70 et 75 % des apports d'eau habituels. Cette situation hors norme place l'année 2011 dans une situation pire que celle de 1976 et aucunement comparable à 2003 et 2005 », confirme le préfet, Jacques Millon.

Plus restrictif que d'habitude

Le 28 mai, des mesures exceptionnelles avaient été prises. L'interdiction de tout prélèvement, sauf sur les affluents de la Vienne et de la Dordogne, avait été décidée. Seules exceptions, l'irrigation depuis les nappes profondes, les bassines ou à destination des productions fragiles (maraîchères) demeure autorisée.

Certaines de ces mesures draconiennes avaient été levées la veille de la venue de Nicolas Sarkozy, début juin, afin « de tenir compte du besoin d'un apport d'eau adapté avant et après la floraison du maïs pour permettre un niveau minimum de production ».

Au 15 juin, la préfecture a décidé d'appliquer le mode de gestion estivale. « Nous avons un mois et demi d'avance. La situation actuelle ressemble à celle d'un 15 août. Ce n'est donc pas une absurdité d'appliquer le régime d'été. Les mesures prises sont nettement plus restrictives que celles prévues normalement », défend Jacques Millon.

Ont été placés en niveau 1 les affluents de la Vienne, Dordogne et Gironde. Sept bassins ont été placés en interdiction totale et tous les autres en niveau 3. Des tours d'eau ont également été mis en place. En clair, les agriculteurs arrosent un jour sur deux. Des contrôles auront lieu. « Il y en a déjà eu fin mai. Globalement, les mesures sont bien respectées », assure le préfet. Enfin, les cellules de vigilance présentes sur six bassines se réunissent désormais toutes les semaines et proposent l'interdiction de prélèvement dès que besoin.

Des mesures temporaires

Face à ces autorisations, des lâchers d'eau depuis les barrages de Lavaud et Mas-Chaban ont lieu depuis le 14 juin. « On lâche peu (1,5 m3/s contre parfois 4 m3/s) car, s'il ne pleut pas cet été, on ne pourra plus soutenir l'étiage. L'an dernier, on avait dû le soutenir jusqu'à fin octobre, ce qui est tard dans l'année », explique Didier Louis, le président de l'établissement du fleuve. Pour l'heure, il s'écoule 3,4 m3/s à Vindelle (point de mesure en Charente). En deçà de 3 m3/s, l'objectif d'étiage n'est plus tenu et, en deçà de 2,5, le débit de crise est atteint. « À 2 m3/s, c'est encore acceptable par le milieu, en dessous, c'est très critique », éclaire Didier Louis. Dimanche dernier, le niveau le plus bas a été atteint avec 2,73 m3/s.

Ces décisions ont été prises par « l'ensemble des partenaires de l'Observatoire de l'eau » et courent jusqu'au 2 juillet. Une nouvelle réunion est prévue mercredi prochain.

« Il y a déjà eu des contrôles fin mai. Globalement, les mesures sont bien respectées »

 

24 juin 2011 06h00   aude boilley                    SUDOUEST.fr 

 

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