La durée de cotisation pour une retraite à taux plein va passer à 41,5 ans, à partir de la génération 1955. Un allongement décrié par les syndicats et l'opposition, et qui va coûter cher à l'assurance chômage… 

La Rédaction, avec Benjamin Smadja |  RMC.fr  |  06/07/2011

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C'est désormais une certitude : la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein va bien passer à 41,5 ans. Xavier Bertrand l'a annoncé ce mardi. Un décret sera publié avant décembre, pour fixer le sort de la génération née en 1955, « parce que c'est logique et nécessaire pour préserver l'équilibre de notre système de retraite », d'après le ministre du Travail.
Une décision qui intervient quelques jours après l'entrée en vigueur de la réforme des retraites, qui fait passer l'âge légal de départ de 60 à 62 ans.
Et ce mercredi, un "avis technique" doit être remis par le Conseil d'orientation des retraites (COR), l'instance indépendante composée de représentants des partenaires sociaux, des parlementaires et de l'Etat. Le COR qui préconisait déjà le passage de 40 à 41,5 années de cotisation. Un allongement décrié par les syndicats et l'opposition.
 
Ça va coûter 1,44 milliard d'euros à l’Unedic !
Au sein de ce débat, se pose la question : combien cette réforme va-t-elle coûter à l'assurance chômage ? La question semble ne pas avoir effleuré le gouvernement. L'Unedic, l'organisme chargé d’assurer la gestion de l’assurance chômage, s'est penché sur le problème : la réforme va lui coûter 1,44 milliard d'euros d'ici à 2017 ! « C’est la principale inquiétude, explique son président, Gaby Bonnand. Tout allongement de la durée de cotisation ou l’augmentation de l’âge pour partir à la retraite, si elle ne se traduit pas par de l’emploi concret, par des gens qui restent au travail plus longtemps, elle se traduira par une dégradation du régime d’assurance chômage ».
   
Le gouvernement table sur une baisse du chômage…
D'un point de vue économique, le gouvernement tente là un pari risqué... Prenons un exemple : un homme de 55 ans est aujourd'hui sans emploi. Pour partir à la retraite, il devait attendre 60 ans. Demain, avec la réforme, il devra attendre 62 ans. L'assurance chômage devra donc lui verser, non pas 5, mais 7 ans d'indemnités s'il ne retrouve pas d'emploi.
L'Unedic, dont le déficit dépasse aujourd'hui les 10 milliards d'euros, s'en serait bien passé. Plus de prestations sociales à verser, un paramètre que le gouvernement n'a pas pris en compte dans son budget. Pourquoi ? Parce qu'il table sur une baisse du chômage et sur une amélioration de l'emploi des seniors. Pourtant, à l'heure actuelle, ce n'est pas gagné : le taux de chômage en France est à 9,2% ; et parmi ces demandeurs d'emplois, 20% sont des seniors…
 
« Une politique gouvernementale qui rabote nos prestations sociales »
Des chiffres qui reprend la députée d'Indre-et-Loire Marisol Touraine, en charge des retraites au Parti Socialiste, pour dénoncer les véritables intentions, selon elle, du gouvernement : « Une autre solution serait évidemment de baisser les prestations chômage et je pense qu’en réalité le gouvernement a cela en ligne de mire. Je crois qu’on voit là la cohérence d’une politique gouvernementale qui rabote l’ensemble des prestations sociales qui existent dans notre pays ».
  
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