Cette fois les pouvoirs publics ont trouvé la parade. Ce n’est plus au nom de la lutte contre l’obésité infantile que le gouvernement va taxer les boissons sans alcool avec sucre ajouté mais dans le cadre de son plan de rigueur annoncé le 24 août. A compter du 1er janvier 2012, cette catégorie, qui exclurait les sodas light et les purs jus de fruits, devra s’acquitter d’une accise spécifique de 19,6 % en plus de la TVA de 5,5% déjà effective sur les soft-drinks. Le gouvernement mise sur 120 millions d’euros supplémentaire avec ce nouveau prélèvement dès l’année prochaine.

Au total, le taux des taxes sur les boissons sucrées non alcoolisées s’alignerait sur celui des vins. Le gouvernement reprend ainsi l’idée du rapport du député UMP Bernard Reynès remis le 6 juillet au ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire. L’objectif de ce projet était de de financer la réduction de l’écart de compétitivité entre les viticulteurs français et leurs homologues européens. Le vin n’est d’ailleurs pas concerné par ces hausses, tout comme le rhum et les « productions régionales », afin de préserver les producteurs français de Métropole et d’Outre-mer. Pas question évidemment de se mettre à dos la filière viticole à moins d’un an d’échéances électorales.

En revanche, les alcools forts sont mis une nouvelle fois à contribution. Les taxes des spiritueux seront ainsi relevées en moyenne de 0,90 € par litre. Attendue dès janvier 2012, cette augmentation de la cotisation Sécurité sociale devrait rapporter 300 millions d’euros supplémentaires dans les caisses de l’Etat.

Les industriels de l’alimentaire n’ont pas tardé à réagir. Dans un communiqué daté d’aujourd’hui, Jean-René Buisson, président de l’Ania, rappelle que « sur le marché français, il n'y a pas de produits alimentaires « nocifs » qui justifieraient d'être pénalisés financièrement. Or, si elles étaient adoptées, ces mesures de taxation sur quelque produit alimentaire que ce soit, y compris les boissons sucrées ou les spiritueux, viendraient semer le trouble et jeter lʼopprobre sur tous les produits, auprès des consommateurs, dans un climat déjà très anxiogène.»

En outre, l’Ania indique que les boissons sucrées représentent en moyenne moins de 3,5 % de l’apport calorique quotidien des Français et les spiritueux sont déjà taxés à hauteur de 80 % du prix de vente aux consommateurs.

[Benoît Moreau] - 25 Août 2011

RAYON-BOISSONS.com