Communiqué de presse de Nicolas Baleynaud
à la Charente Libre et à Sud-Ouest, le 17/08/2011

 

Désarmer les marchés financiers !

L'action judiciaire menée par la ville d'Angoulême envers la banque Dexia n'est que la légitime réponse d'une municipalité face à l'agression dont sont victimes ses habitants, confrontés à l'augmentation sans limite des taux d'intérêt des « emprunts toxiques ».

Bien que nécessaire, justifiée et courageuse elle ne sera efficace que si la population s'empare du débat et prend part à la lutte à construire :

Il est urgent d’agir contre la spéculation débridée qui plombe l’économie nationale et mondiale.

Les emprunts à taux variables proposés par Dexia à la ville d’Angoulême pour un total de plus de 39 millions d'euros, et à un grand nombre d'autres collectivités pour un total de plus de 3 milliards d'euros, se révèlent hautement spéculatifs et très dangereux en ces temps de folie boursière car indexés sur la parité des monnaies.

Les taux d’intérêts augmentent au jour le jour et risquent d’assécher les finances de la ville.

Ce sont les Angoumoisins qui en subiraient les conséquences avec l’augmentation des impôts, la réduction des dépenses publiques et sociales, voire la réduction de services publics de proximité.

Ce sont les contribuables qui paieraient les dettes de jeux de l’économie casino.

La situation est à prendre très au sérieux et nécessite, au-delà des polémiques politiciennes des élus d’opposition, une action résolue pour interdire ces prêts spéculatifs et obliger Dexia à renégocier les emprunts en question, sans pénalités bancaires.

Le Président de la République, dans son discours de Toulon, affirmait vouloir « moraliser le capitalisme ».

Son gouvernement a su mobiliser 320 milliards € pour garantir les emprunts des banques françaises et les sauver de la faillite.

Quel en est l'impact sur l'amélioration de l'économie réelle et des finances publiques?

Ce même gouvernement a participé directement au capital des banques à hauteur de 10 milliards d'euros dont 3,5 pour Dexia. Quelle contrepartie a été exigée sur l'assainissement des prêts « octroyés » auprès d'elle aux collectivités locales ?

L’Etat et la Caisse des Dépôts et Consignations, actionnaires de Dexia à 50,5%, ont les moyens d’influer sur les décisions de la banque des collectivités locales.

Le Président de la République, son gouvernement et sa majorité parlementaire doivent agir y compris par voie législative pour annuler ces dispositifs spéculatifs qui gangrènent les finances publiques.

Ils seraient bien inspirés d’agir pour réformer le statut de la Banque Centrale Européenne (BCE) dont la totale indépendance vis-à-vis des gouvernements nationaux met ceux-ci sous la dictature des marchés financiers. Ainsi, la BCE re-finance les banques à 1% d’intérêt mais son statut lui interdit de prêter aux Etats qui empruntent sur les marchés financiers à des taux d’intérêts parfois prohibitifs.

C’est l’une des causes de l’endettement public des nations et des collectivités locales.

Au contraire, le Président de la République, son gouvernement et sa majorité parlementaire, veulent nous contraindre à une austérité sans précédent dans le seul but de satisfaire aux exigences des agences de notation pour mieux assouvir la rapacité des marchés financiers.

Il est grand temps d'en sortir !

Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE critique les politiques d’austérité visant à rassurer les marchés. Elles sont catastrophiques. « Les dirigeants politiques donnent le pouvoir économique aux pyromanes (les marchés financiers) qui sont responsables de la crise. ».

Il propose de diminuer le poids des marchés financiers en garantissant les dettes des Etats et notamment, en permettant à la BCE d’intervenir directement dans leur financement. Il préconise de retirer aux agences de notation le droit de dégrader la note d’un pays.

La lutte contre la spéculation commence ici et maintenant en mettant en échec les emprunts toxiques de Dexia.

Je suis solidaire de l’action du maire d’Angoulême y compris concernant la présentation d’un budget en déséquilibre car je refuse d’être complice du racket opéré par Dexia au détriment de la population de ma ville. Mais ce n'est nécessairement qu'un début ....

Nicolas Baleynaud
Conseiller municipal PCF d’Angoulême
Délégué communautaire.