Pascale Lacourarie de Via patrimoine s'est chargée de faire la visite à l'aide de panneaux explicatifs. Photo C. T.

La municipalité organisait, samedi, une journée Premières pierres du quartier du Champ-de-Manœuvre, concerné actuellement par une Opération de renouvellement urbain (ORU). Après les discours des officiels au milieu des premiers bâtiments sortis de terre, il a été rappelé que cette opération d'envergure coûte 60 millions d'euros, soit trente ans de budget de la Ville de Soyaux. Heureusement, l'ORU bénéficie de divers financements, comme ceux de l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), l'État, la Région, les bailleurs, le Conseil général…

Renforcer la mixité sociale

Le maire, François Nebout, se souvient que les premières ébauches de l'ORU remontent en 2002. Il prenait alors le train avec Philippe Mottet, le maire d'Angoulême d'alors, pour monter à Paris chercher les financements. Il est vrai que de telles opérations concernent l'ensemble des quartiers populaires de l'agglomération, à savoir Ma Campagne, Basseau, La Grande-Garenne et bien sûr, Soyaux. Objectifs : renforcer la mixité sociale et surtout lutter contre les inégalités.

Près de la moitié de la population de la ville vit dans le quartier du Champ-de- Manœuvre, qui compte 40 ethnies et affiche un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. C'est dire si le défi est de taille.

Au cours de la visite orchestrée par l'association Via patrimoine, la guide conférencière, Pascale Lacourarie, a fait un bref rappel historique. L'occasion d'apprendre qu'au lendemain de la guerre, il y avait urgence à reconstruire des logements pour remplacer les taudis où s'entassaient des milliers de famille.

Favoriser les rencontres

C'est en 1961, que les premiers logements sortent de terre dans ce quartier si particulier où jadis Abel Migné (conseiller général du canton depuis 1971) se souvient avoir joué au foot, au milieu des chars et des militaires qui réalisaient leurs exercices.

L'architecte de l'époque s'appelle Louis Simon. Il imagine de grandes barres, dont la fameuse « banane » ou bâtiment J, démoli en 2010. À l'époque, les habitants sont heureux d'aller vivre dans un des 2 000 logements du quartier. Et pour cause, il y a tout le confort, toilettes intérieures, cuisines semi-équipées… Sans oublier cette grande place au cœur de la cité, lieu de vie voulu par le maire, Albert Tournier, où des cirques s'installaient plusieurs jours.

Le pôle culturel et associatif Soëlys à l'architecture moderne, les commerces en gestation en même lieu et place auront une mission identique : permettre aux habitants de se rencontrer. Tout un symbole.

Cédric Tricaud

SUDOUEST.fr