Une vingtaine d'enseignants de toute la Charente se sont rassemblés hier devant Marguerite-de-Valois
pour interpeller la rectrice, Martine Daoust. Photo Renaud Joubert
 

Vingt-deux mille euros de prime pour avoir rempli les objectifs gouvernementaux! En clair, pour avoir mené à bien sa mission de suppression de postes dans les établissements scolaires de la région. Les enseignants ont vu rouge et sont venus le dire vertement hier à Martine Daoust, la rectrice, lors de sa venue au lycée Marguerite-de-Valois d'Angoulême. Elle ne s'est pas laissé démonter par les banderoles «Raoust Daoust». La rectrice de l'académie de Poitiers n'a pas hésité à saluer quelques-uns des enseignants qui manifestaient devant le lycée pour protester contre «la casse de l'école». Moment furtif sous les cris de «rendez-nous l'argent».

Répondant à l'appel de l'assemblée inter-établissements créée l'an dernier au moment des luttes contre les fermetures de classes en Charente, une vingtaine d'enseignants du primaire et du secondaire, venus de différents établissements, ont pique-niqué devant le lycée angoumoisin. Avant la réunion de la rectrice prévue avec les chefs d'établissement du département dans l'après-midi. Ils avaient un beau cadeau à lui offrir: un chèque de 22 000 euros, «équivalent à la prime qu'elle a reçue l'an dernier pour bonne application des consignes en terme de suppression de postes», explique Jean-Pierre Bellefaye, professeur au lycée Charles-Coulomb à Angoulême et leader de SUD.

Un faux chèque en forme de peau de banane à mettre en rapport avec «les classes surchargées». «34 élèves en maternelle à Saint-Michel, 38 au lycée de Barbezieux», détaille Jean-Pierre Bellefaye. «Il n'est pas rare de voir des classes de 36 élèves en lycée professionnel, dit Jean-Pierre Giacomazzo, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) au niveau départemental. On supprime, on supprime et c'est l'égalité des chances qui disparaît.»

8 octobre 2011 | 04h00
Mis à jour | 08h21

CHARENTELIBRE.fr