Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire,

 

« Sans être d’accord, vous vous en doutez, avec les choix fondamentaux de la politique des Etats-Unis, je me dois de considérer qu’il y a une grande différence entre la présidence de M. Obama et vous-mêmes, Messieurs les commissaires et toutes les instances européennes, qui tient au volontarisme politique. Aux Etats-Unis, comme sur d’autres continents, on recherche une sortie de crise par la relance de la consommation, l’incitation aux investissements dans des infrastructures créatrices d’emplois, l’utilisation de l’outil de la création monétaire et d’un ajustement de la fiscalité, pénalisant plus le capital et les plus fortunés et moins le travail. Ceci se heurte d’ailleurs au refus des conservateurs nord-américains qui bloquent tous ces plans. Et votre idée, développée ici par vous-mêmes et sur les  bancs de la droite, de pacte transatlantique est un véritable marché de dupes contre notre emploi parce qu’on au fond c’est la recette qui nous mène aujourd’hui au bord du gouffre ; celle du libre échangisme intégral et de la mise en concurrence de toutes nos industries, notre agriculture et nos services. Il faut donc changer. Inventer un système de coopération qui induit des protections aux frontières. Ce que font d’ailleurs les Etats-Unis. Il faut changer les missions et les rôles de la Banque centrale européenne et du système européen des banques. Transformer le fonds européen de stabilité financière pour en faire, non plus un outil de soutien aux banques et aux marchés financiers, mais un fonds de développement social, écologique, pour l’investissement humain comme l’éducation, pour l’incitation à l’emploi et à la relocalisation, le développement de grands services publics utiles aux populations, pour aider également les petites et moyennes entreprises, les petits artisans et les petits producteurs agricoles. Je le répète une nouvelle fois, je souhaite que cette proposition soit au moins écoutée, entendue et mise en débat ici ».

le 15 Octobre 2011

HUMANITE.fr