Le maire, Francois Nebout, a fait le détail des orientations budgétaires, dans un contexte national d'austérité. Photo C. T.

Ce sont les orientations budgétaires qui ont occupé les débats du Conseil de rentrée du 17 octobre. Comme convenu, le maire lui-même s'est chargé de faire l'état des finances de la Ville.

Un budget calqué sur les mesures d'austérité engagées par le gouvernement. « Le contexte économique national, difficile sur les finances, aura un impact sur les collectivités locales », a commencé François Nebout. Et de poursuivre : « Nous avons un impératif, faire de l'investissement pour la croissance et l'emploi, à commencer par l'opération de renouvellement urbain (ORU) qui rentre dans sa phase opérationnelle. Nous devrons réduire notre dette et faire des choix. Mais nous ne toucherons pas à l'éducation et à l'action sociale, domaines dans lesquels je veux que nous soyons à l'écoute de la paupérisation grandissante du Champ-de-Manœuvre (quartier le plus pauvre de Charente). »

Depuis 2003

Avec un budget d'investissement de 9,5 millions d'euros, la troisième ville du département consacrera 7,7 millions à l'ORU - la plus grosse enveloppe - sur lesquels viennent se greffer 50 000 euros pour sécuriser, par vidéosurveillance, l'école Jean-Monnet. On se souvient, au moment du saccage, que la présidente de Région, Ségolène Royal, avait promis de venir en aide à la mairie. Espérons que ce ne sera pas un vœu pieu.

Dans ces conditions, la mairie reconduit ses taux d'imposition qui, il faut le souligner, n'ont pas augmenté depuis 2003. La ville compte seulement 45 % de foyers fiscaux payant l'impôt. Quant au fonctionnement, les dépenses de personnel représentent plus de 63 % des finances.

Réaction de l'opposition

L'opposition très parsemée, où on était étonné de l'absence de sa chef de file, Fanta Diallo, n'a pas manqué de réagir. Bernard Rivalleau a ironisé sur le fait que les dépenses publiques ne peuvent pas augmenter en raison de la crise. « Quand on nous dit que c'est la faute à la crise, on croit rêver. La crise, c'est seulement un tiers des difficultés alors que les deux tiers des problèmes que connaissent les Français, en termes de pouvoir d'achat ou de salaires qui n'augmentent pas, c'est le gouvernement qui en est responsable. Quel rapport avec les orientations budgétaires ? S'il y a moins de rentrées fiscales, il y aura moins d'aides pour les communes. »

Et de conclure : « On attaque l'os. Soyaux est comme l'État, il vit sa Révision des politiques publiques (RGPP) avec des conséquences pour notre population. »

Cédric Tricaud

SUDOUEST.fr