Le candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle était hier en Charente. Il rode sa campagne. Le ton trouve son auditoire.

Jean-Luc Mélenchon au Champ-de-Manoeuvre à Soyaux : «L'austérité ne peut pas être de gauche, elle est de droite.»
Photo Majid Bouzzit

Hier, c'était jour de campagne à l'ancienne. Séance estrade improvisée sur la place de la Gare à Cognac. Mélenchon, écharpe rouge, debout sur un banc, parle à l'heure du déjeuner sous le soleil d'automne. Il a des accents jauressiens. Puis l'après-midi, rencontre avec le peuple au Champ-de-Manoeuvre à Soyaux. Bises, échanges sur les conditions de vie avec l'amicale des locataires et à l'épicerie sociale, rencontre avec des syndicalistes enseignants et bis repetita à la MJC de Ma Campagne à Angoulême.

La veille à Talence, le meeting était plus agité: 3 000 personnes et des organisateurs débordés par le succès. Avant d'attaquer son steak - «Saignant s'il vous plaît.» Ce qui lui correspond bien -, Jean-Luc Mélenchon savoure. «Vous avez vu l'autre là [Nicolas Sarkozy, NDLR] à Toulon jeudi soir. Un attroupement de 5 000 réactionnaires parfaitement rangés qui attendent le chef. Et nous 3 000 dans une ambiance tumultueuse et vivante. Pas mal non?»

Il rayonne Mélenchon. Il a le sentiment «qu'il est en train de se passer quelque chose» autour du Front de gauche, attelage du vieux Parti communiste et du jeune Parti de gauche, rassemblement de déçus du PS et des partisans d'une gauche radicale. «Vous avez vu cette ambiance, ces drapeaux rouges qui flottent, avec jeudi soir un drapeau tricolore au milieu. Ç'a du sens non? Mieux que ces panneaux cons cons avec le nom du candidat. Important l'esthétique du symbole.» Le candidat rode la forme de sa campagne pour la présidentielle. Le modèle utilisé en Charente hier lui sied: contact direct, écoute des gens. «Je ressuscite des vieilles formes de campagne électorale en les modernisant», revendique-t-il.

 


Son public est enchanté. Il est hétérogène. S'y mêlent des syndicalistes et des élus, des ouvriers et des intellectuels, des communistes et des socialistes, des nouveaux militants qui ont tous un point commun: la volonté d'en finir avec un système économique usé et usant. «C'est la révolution citoyenne en marche. Faites, là, pour ne pas redevenir des sujets comme avant 1789. Ne soyez pas des moutons, vous serez tondus!» Applaudissements.

Devant les enseignants, Jean-Luc Mélenchon décortique la manière dont la droite «entend tout marchandiser». La clé de son engagement pour tirer la gauche «vers la radicalité nécessaire». Il nuance ses attaques sur la gauche socialiste. Juste un coup de griffe sur la main tendue de François Hollande à François Bayrou. «Aucun socialiste ne peut s'y retrouver.» Plus doux que «le capitaine d'un pédalo dans la tempête» dont il a gratifié le candidat socialiste à la mi-novembre. «Une campagne a des rythmes. J'ai prononcé quatre mots, j'ai eu dix dessins, cinquante articles. Le clou est enfoncé.» Il ajoute: «J'ai des adversaires: la droite qu'il faut battre et le capitalisme financier qu'il faut éradiquer. Puis il y a la concurrence.» À Cognac, il n'était pas descendu du car qu'un vieux syndicaliste lui a dit: «Ne nous trahissez pas pour un maroquin.» C'est ce qu'il veut retenir.

3 December 2011 | Mis à jour | 07h47
Ivan Drapeau

CHARENTELIBRE.fr

 

 

MÉLENCHON EN CAMPAGNE EN CHARENTE

Jean-Luc Mélenchon était à Soyaux aujourd'hui Photo Majid Bouzzit

Entre cent cinquante et deux cents personnes devant la gare de Cognac pour un meeting impromptu et en plein air à l'heure déjeuner avec Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, les militants ont gagné leur pari à Cognac.

Écharpe rouge, tribun à l’aise dans cette campagne de préau, Jean-Luc Mélenchon a rassemblé large, militants purs et durs, désabusés de la politique et aussi socialistes «hollandais» courtois ou/et curieux.

Il a poursuivi sa tournée pré-présidentielle cet après midi dans le quartier du Champ de Manoeuvre à Soyaux, se promenant entre les barres d'immeubles et discutant avec les élus de l'amicale des locataires puis les jeunes gens de l'épicerie sociale.

Il s'entretient en ce moment avec des représentants de syndicats enseignants avant de terminer sa soirée à Ma Campagne. Dans une ambiance bon enfant et chaleureuse, il a lancé quelques formules définitive, "l'austérité ne peut pas être de gauche, l'austérité est toujours de droite". A bon entendeur.

Ou encore, "vous avez vu cet attroupement de 5000 réactionnaires à Toulon hier, bien rangés, qui attendaient le chef. Nous à Talence jeudi, on était 3000, pas mal non, et dans un joyeux tumulte".

2 décembre 2011 | Mis à jour | 17h28

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