D’après les textes suivants du Conseil de l’Europe :              

  • Livre blanc sur le dialogue interculturel (mars 2010)              
  • Cités interculturelles (avril 2010)              
  • Migrants et lutte contre les discriminations en Europe (juillet 2010)  

Le Livre blanc présente ainsi le dialogue interculturel :

«  La gestion démocratique d’une diversité culturelle grandissante en Europe – ancrée dans l’histoire de notre continent  et amplifiée par la mondialisation – est devenue une priorité depuis quelques années. Comment répondre à la diversité ? …Le dialogue interculturel a un rôle important à jouer à cet égard. Il nous sert d’une part, à prévenir les clivages ethniques, religieux, linguistiques et culturels. Il nous permet, d’autre part, d’avancer ensemble et de reconnaître nos différentes identités de manière constructive et démocratique, sur la base de valeurs universelles partagées. »  

Parmi les différentes politiques vis-à-vis des immigrés, deux modèles de société, l’une fondée sur l’assimilationnisme et l’autre sur le communautarisme sont aujourd’hui en difficulté.  L’un, l’assimilationnisme prône l’intégration complète et dénie l’existence d’une diversité culturelle. Il se caractérise par le rejet de la culture de l’autre et la sacralisation de la sienne propre. Il attribue à la culture nationale un aspect figé à laquelle les populations d’origine étrangère devraient  adhérer.

Cette politique, qui veut ignorer l’attachement des populations migrantes à leurs pays et à leurs cultures, est en échec.

L’autre, le communautarisme, encourage les différences culturelles en acceptant le risque que cela conduise à un développement distinct, voire séparé dans certaines circonstances. Le communautarisme adopte la conception schématique figée d’une opposition entre majorité et minorité, entretient la contradiction  entre règles communautaires et lois des pays, et freine l’évolution des valeurs. Il est aujourd’hui critiqué  y compris dans les pays (essentiellement anglo-saxons) qui l’avaient mis en pratique.  

Une politique interculturelle ne se résume pas au rejet de ces deux politiques ; elle vise non seulement  le respect  de l’autre dans sa culture, mais cherche aussi à enrichir la culture propre de la société d’accueil, pour aboutir à une « intégration réciproque », ou « adaptation réciproque » selon l’expression de Françoise Héritier.

Elle est une avancée, en ce que, à chaque domaine d’application, répond un ensemble de mesures   particulières appropriées.

Elle implique des concessions  de part et d’autre, qui ne peuvent pas concerner certaines valeurs considérées comme inaliénables : il faut donc définir un socle de valeurs non négociables.  Il y a beaucoup d’obstacles au dialogue interculturel. Certains sont dus à la difficulté de communiquer dans plusieurs langues. Mais ceux liés au pouvoir et à la politique viennent en tête : le durcissement des réglementations concernant les étrangers, l’inhospitalité des pays européens à l’égard des réfugiés, le traitement des migrants irréguliers  l’illustrent quotidiennement. La discrimination, la pauvreté et l’exploitation qui touchent  particulièrement les personnes appartenant aux groupes défavorisés et marginalisés : autant d’obstacles structurels  au dialogue interculturel.

ATTAC.org