Baisse des loyers dans le privé, la droite est contre, la gauche dit oui à l'Assemblée...ne reste plus que le Sénat !

Mercredi 7 décembre, les député-e-s communistes, républicains et parti de gauche du Groupe GDR de l'Assemblée Nationale proposaient une loi d'« encadrement des loyers et renforcement de la solidarité urbaine ».

Ce texte de quatre articles proposait d'interdire les expulsions envers ceux qui frappés par la crise

n'arrivent plus à payer leur loyer, d'instaurer un encadrement à la baisse des loyers privés des grandes villes devenues inaccessibles pour le plus grand monde, d'imposer aux préfets la réquisition des logements vacants là où l'offre locative est largement inférieure à la demande et enfin de renforcer l'article 55 de la loi SRU en fixant à 30% la part de logements sociaux obligatoires dans les zones tendues et 25% sur le reste du territoire.

Si la droite reconnaissait que le problème valait d'être posé, elle a sans surprise voté contre ce projet faisant preuve de son habituel cynisme ultra libéral. Tout en continuant la politique du laisser-faire de ses différents gouvernements, la droite persiste à nourrir copieusement la spirale spéculative immobilière actuelle entraînant une augmentation sur dix ans de plus de 130% des loyers alors que les revenus durant la même période n'ont pas atteint 40% d'augmentation. Le prix des loyers est tel, que les ménages les plus modestes sont contraint d'affecter 50 % de leurs ressources au paiement de leur loyer !

Nous nous félicitons que la Gauche de l'hémicycle ait voté en faveur de « ce dispositif (qui) a pour vocation de faire baisser les loyers en zones tendues et de les stabiliser sur le reste du territoire» comme énoncé dans ce projet de loi déposé par les députés du Front de Gauche avec le ralliement du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et des députés EELV.

Nous attendons donc que le projet de loi déposé au Sénat par le PS et EELV et qui devrait être examiné en janvier ou février selon les déclarations faites à la presse (Le Monde du 5 décembre), évolue vers une « BAISSE » déclarée des loyers du secteur privé en zone tendue, et pas seulement d'un encadrement « fixant le montant maximum d'évolution des loyers des contrats renouvelés », se limitant donc au « blocage à la relocation », comme énoncé dans le projet de loi N° 669. Au prix actuel de l'immobilier dans les villes d'Ile de France, de Paca et de la région méditerranéenne, la nuance nous semble d'importance quant à la perspective des gains de pouvoir d'achat que l'on propose aux ménages et son impact sur le niveau d'équilibre du marché immobilier.

Maël Goepfert
Secrétaire National du Parti de Gauche chargé du Logement et de l'Habitat
Romain Biessy
Président de la Commission Logement et de l'Habitat du Parti de Gauche

LEPARTIDEGAUCHE.fr