Sommet contre la crise, ce mercredi à l'Elysée

430 millions d'euros pour enrayer le chômage et améliorer la formation des chômeurs. C'est "énoooorme", assurent les services de communication de l'Elysée, chargés de "vendre" les résultats du sommet contre la crise de ce mercredi. Mais dans le détail, c'est un tout petit rien: 0.15% du budget de l'Etat qui s'élève à 276 milliards pour 2012.

430 millions d'euros pour venir en aide aux chômeurs, c'est à peine quatre fois le budget de l'Elysée. Pas de quoi faire la fête, d'autant plus que cette enveloppe sera financée par "rédeploiement" de crédits déjà existants afin de "ne pas accroître nos déficits" et pourra être "doublé" par le Fonds social européen (150 millions d'euros) et des fonds paritaires qui gèrent la formation des salariés, selon le chef de l'Etat. Bref: un tour de passe passe budgétaire pour déshabiller Paul pour habiller Jacques.

Dans le détail, une belle part de ce petit gâteau revient aux entreprises.

  • 100 millions d'euros seront "budgetés" pour financer la suppression pendant six mois des charges de l'embauche des jeunes de moins de 26 ans dans les TPE (très petites entreprises).
  • 140 millions vont être "mobilisés pour doper l'activité partielle. Il faut "tout faire pour éviter de couper les liens entre le salarié et son entreprise, tout faire pour maintenir en activité les salariés (...), tout faire pour former les salariés dans l'entreprise plutôt que de les licencier", explique Nicolas Sarkozy.
  • 150 millions serviront à la formation des chômeurs "très éloignés de l'emploi". "Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation", a-t-il dit.
  • 39 millions d'euros iront à Pole emploi pour le recrutement de 1000 CDD. Pas des contrats à durée indéterminé donc. Cette promesse ne compensera pas les 1500 postes supprimés ces trois dernières années à Pole emploi par le gouvernement.

Mais en retour, la note s'annonce salée pour les Français. Nicolas Sarkozy annoncera "à la fin du mois" ses arbitrages sur la protection sociale (TVA sociale), avec une hausse de la TVA pour tout le monde, ainsi que sur la flexibilité du temps de travail, et la possibilité pour les entreprises de monnayer emplois contre salaires à la baisse.

Les autres mesures sont plus floues: réforme de la formation professionnelle, soutien à l'offre de logements, donc aux entreprises du bâtiment, création d'un organisme dédié au financement de l'industrie". Des précisions seront avancées "d'ici à la fin de ce mois" sur le projet de taxe sur les transactions financières. Des précisions, ça ne coûte rien.

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