Le Comité technique académique se tenait hier à Poitiers. Il a entériné le nombre de postes que la Charente doit « rendre » à la rentrée prochaine.

Enseignants et parents d'élèves avaient tenté de faire du bruit, l'an dernier, pour alerter sur les
suppressions de postes. Au total, 21 postes avaient été supprimés en primaire. (Archives I. Louvier / « so »)

L'an dernier, à cette époque-là de l'année, la Charente apprenait qu'elle allait devoir « rendre » 21 postes dans le primaire. C'est-à-dire qu'une fois comptabilisées les créations de postes et les suppressions, le bilan devait afficher - 21 pour la rentrée en maternelle et élémentaire. Cette année, comme nous l'avons indiqué dans notre édition d'hier, le tarif est plus sévère : il est de - 28 pour la rentrée 2012.

Fermetures d'écoles ?

Suprême raffinement, dès le mois de janvier nous connaissons, au sein de ses 28 postes supprimés, le nombre de postes d'enseignants « devant une classe » qui disparaissent : 18. Il y aura donc 18 fermetures de classe en Charente à la rentrée prochaine ce qui risque d'aboutir à des fermetures d'écoles, vu le nombre important d'écoles à une ou deux classes en Charente, craint le syndicat du primaire SNUIPP.

 

Le calendrier

Les années précédentes, le processus qui aboutit à la validation de la carte scolaire pour le primaire débutait par la réunion d'un groupe de travail préalable au Comité technique paritaire. Il a été annulé par l'inspecteur d'académie cette année. Les syndicats découvriront la carte des postes menacés le 13 mars.

13 mars
Comité technique paritaire au niveau départemental. Donne un avis.

21 mars
Conseil départemental de l'Éducation nationale. Les maires et les parents d'élèves y sont représentés. Valide la carte scolaire définitive de la rentrée 2012.

 

Le Comité technique paritaire académique, qui s'est tenu hier, a validé ces chiffres, qui avaient filtré la veille, car ils étaient présents dans le document préparatoire à la réunion. Pour information, 31 postes et 21 classes seront supprimés chez nos voisins maritimes (beaucoup plus nombreux), aucune classe ne sera supprimée dans les Deux-Sèvres (12,6 postes à supprimer) et 8,4 classes disparaîtront dans la Vienne (13,4 postes en moins).

Les comparaisons entre départements sont assez délicates puisqu'ils ne se ressemblent pas. Il faut toutefois garder en mémoire les deux particularités de la Charente : des quatre, elle est le département qui concentre le plus d'élèves en zones prioritaires, et le département le plus rural.

Ces deux particularités sont prises en compte par l'Éducation nationale (nous sommes le cousin pauvre qu'il faut aider un peu), ce qui explique que le ratio « nombre de postes pour 100 élèves » reste meilleur en Charente (à 5,39 pour la rentrée 2011) que dans l'académie en général (5,32).

Panne démographique

La Charente est aussi en panne démographique. Dans le primaire, l'Éducation nationale attend 421 élèves en moins en 2012. Mais les suppressions de postes ne sont pas proportionnelles à l'évolution démographique, souligne le SNUIPP : entre la rentrée 2006 et la rentrée 2011, le primaire en Charente a perdu 644 élèves et 71 postes. Soit, pour neuf élèves en moins, un poste supprimé… Et cette saignée continue. Cette année, comme l'année dernière, la Charente est considérée comme le département qui souffre le plus des suppressions de postes.

Reste maintenant à l'inspecteur d'académie, Jean-Marie Renault, à choisir, sans sortir de ce cadre (28 postes en moins, dont 18 fermetures de classes), là où il va jouer du scalpel.

L'opération risque d'être délicate vis-à-vis de l'opinion publique puisque les années précédentes, ont déjà été élagués les postes d'enseignants « qui ne sont pas devant une classe » mais en soutien aux enfants en difficulté, par exemple. Ce sont les moins « visibles ». Pour la seule année dernière, sur les 21 postes supprimés, quatre avaient été pris au Rased (Réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté) et deux au CMPP (Centre médico-psycho-pédagogique), ce qui avait d'ailleurs déclenché la première grève de toute l'histoire du centre médico-psycho-pédagogique de Bel-Air à Angoulême. Cette année, il y aura donc davantage de postes d'enseignants « visibles » qui seront supprimés. Une annonce qui sera faite à un mois de l'élection présidentielle.

Pas de réunion de travail

Étonnamment, c'est justement cette année que l'inspecteur d'académie a décidé d'annuler la phase 1 du processus qui aboutit à la validation de la carte scolaire en Charente, le groupe de travail préalable au comité technique paritaire (lire encadré ci-dessus). Cette toute première réunion permettait aux syndicats enseignants de connaître grosso modo la répartition des suppressions de postes et de se renseigner auprès des écoles concernées sur les effectifs, la taille des classes, pour mieux ensuite contre-argumenter.

Cette année, ils découvriront les intentions de l'inspecteur d'académie le 13 mars, lors de la commission. « C'est révélateur, ils ne veulent pas qu'il y ait de vagues, décrypte Julien Peyraut, secrétaire départemental SNUIPP-FSU. C'est l'indice que cela risque d'être chaud. »

Mercredi 18 janvier 2012 à 06h00
Par Natacha thuillier

SUDOUEST.fr