Les déneigeuses de la Dira ont oeuvré sur les nationales entre dimanche et mardi. Photo Majid Bouzzit 

Des déneigeuses au chaud dans un garage alors que, sur des centaines de kilomètres, la Charente patine toujours... ça ressemble à de l'intox. C'est de l'info. Les six machines propriété de la Direction interdépartementale des routes Atlantiques (Dira) qui ont éliminé la neige et le verglas sur les 220 kilomètres de route nationale (la RN10 et la RN141) entre dimanche et mardi midi sont à l'arrêt jusqu'à nouvel ordre.

Ou presque: elles font des tournées quotidiennes pour éliminer les rares plaques de verglas sur leur réseau. Pour le reste donc, elles ne fonctionnent plus parce qu'elles ont terminé le travail qui leur a été assigné. Impossible donc a priori pour ces engins de venir renforcer les 19 saleuses et déneigeuses du conseil général qui tournent jour et nuit sur les 5.100 kilomètres de départementales.

Encore moins d'intervenir sur les 8.000 kilomètres de voies communales encore recouvertes par une neige tassée, gelée et donc glissante. «Nous n'avons pas de convention avec d'autres collectivités», confirme Eric Nompeix, le directeur adjoint de la Dira. Faut-il crier au scandale ? Oui a priori à l'heure où la solidarité s'affiche à tous les niveaux face au froid comme CL l'a raconté hier.

Oui aussi quand on sait que lorsque la Dira se nommait DDE (Direction départementale de l'équipement), les déneigeuses intervenaient à la fois sur les routes nationales et les départementales. La scission intervenue en 2006 a ainsi créé une lourdeur: désormais chacun déneige dans son coin.

Au conseil général, on n'en fait pas une maladie: disposer de 6 saleuses dans un garage et qui sont révisées pendant que 19 autres se démènent, explique-t-on, c'est avoir un filet de sécurité. «Si l'épisode neigeux dure, certaines machines vont finir par tomber en panne. Et si la neige revient, on sera bien content d'avoir des engins en bon état immédiatement opérationnel».

Des déneigeuses au chaud dans un hangar quand la Charente glisse, il y en a au moins un autre: des citoyens de Brie et de Champniers se sont souvenus cette semaine qu'il existe quelque part dans les coulisses de l'aéroport un chasse-neige, acheté en 1996. Un appareil équipé d'une lame en téflon d'environ 4,5 m.

L'engin a repris du service pour déneiger une piste d'atterrissage qui, pour le moment, n'accueille plus de vols commerciaux. Le maire de Brie, Guy Branchut, aurait été ravi de s'en servir pour nettoyer des voies communales encombrées. «Il aurait fallu pour cela que je sache qu'il existe. Maintenant en tout cas, la neige s'étant transformée en glace et c'est trop tard».

10 Février 2012 | 04h00

Mis à jour | 14h21 -  Stéphane Urbahtel 

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