Philippe David et Christophe Lacoste ont descendu la façade de leur lycée en rappel. (Photo Majid Bouzzit)

Après les cours donnés devant l'hôtel de ville, puis ceux dispensés sur les pelouses de leur lycée, les professeurs de Marguerite-de-Valois ont choisi de marquer les esprits et de prendre de la hauteur ce matin pour se faire entendre et sensibiliser l'opinion sur la fermeture annoncée de 4 classes à la rentrée prochaine.

Pendant que leurs collègues, qui ont sorti leurs gilets jaunes pour l'occasion, sécurisent les abords du bâtiment, Philippe David, prof de maths, et Christophe Lacoste, prof de philo, ont enfilé leur baudrier et pris leurs mousquetons pour descendre en rappel la façade de leur lycée depuis le troisième étage. Lentement ils déroulent une longue banderole "un peu à la façon de Greenpeace". Sur le fond jaune pétant, trois lettres noires apparaissent: S.O.S.

Elèves et professeurs acclament longuement les deux "professeurs-escaladeurs", qui pratiquent "ce sport depuis plus de 20 ans". "En entrant dans l'enseignement, je ne pensait pas descendre autant en rappel. Aujourd'hui, on voulait marquer les esprits. L'école, nos enfants sont en péril avec une politique budgétaire aussi rigoureuse", s'inquiète Christophe Lacoste.

"On doit faire des choses originales pour informer les gens, les parents, les élèves, parce qu'on  est en train d'étouffer. Nous avons aussi écrit une lettre pour demander une audience avec la rectrice", souligne Marie-Pierre Villard, professeur d'anglais à Marguerite.

Aujourd'hui, à 16 heures, les enseignants, syndiqués ou non, seront devant les grilles de la Préfecture pour manifester, plus "classiquement" aux côtés des enseignants du premier degré touchés par les nombreuses fermetures de classes programmées.

En attendant, certains sont en grève, d'autres pas. "Mais je fais grève mais je fais quand même cours pour mes Terminales ce matin. Le bac arrive", expliquent Laurent Guerrero et Stéphane Jouannetaud, tous les deux professeurs d'économie. "C'est pour nos élèves qu'on se bat pour récupérer des heures de cours. Et aujourd'hui, on va travailler gratuitement".

27 Mars 2012 | 11h01
Mis à jour | 15h35 

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