« La Ville de Soyaux est prête à participer à toute étude examinant la desserte de l'Octroi à la Croix-Blanche. »
(Photo C. T.)

C'est de notoriété publique : le maire François Nebout avait fait part de son accord, au sein de l'Agglomération, pour que le « Busway » aille jusqu'à l'Octroi, mais pas au-delà. Vendredi 30 mars, lors du Conseil municipal, sa position a évolué, après une levée de bouclier de l'opposition. Désormais, rien n'est figé concernant l'éventuel passage du « Busway » avenue du Général-de-Gaulle. « Mais, il faudra que les élus du Grand-Angoulême fassent des propositions concrètes», prévient François Nebout. Et de faire modifier une délibération qui disait en somme : « La Ville ne possède pas les infrastructures pour que le "Busway" puisse circuler sur l'avenue du Général-de-Gaulle. »

D'accord pour une étude

Après une vive discussion, le maire a donc fait un pas en arrière vendredi. Il accepte une étude, avant d'opposer un non catégorique : « La Ville de Soyaux est prête à participer à toute étude permettant d'étudier la desserte du rond-point de l'Octroi à la Croix-Blanche, à condition de préserver les intérêts des commerçants. »

Il fallait bien cela pour calmer une opposition véhémente, notamment par la voix de l'élue verte Joëlle Rassat. « C'est un peu péremptoire de décider d'un bloc que le "Busway" ne passerait pas sans demander l'avis aux habitants. »

Très excédé, François Nebout a répondu : « On n'est pas fermé à la discussion. Mais vous savez très bien que le "Busway" prendra le stationnement, les voies cyclables. Et les autos ne disparaîtront pas du jour au lendemain de cette avenue. Vous irez l'expliquer aux commerçants ? Si vous êtes élus, vous le voterez… » Ce qui a fait dire, à Fanta Diallo, la chef de file PS de l'opposition : « C'est un peu caricatural. On n'est pas là pour évoquer une hypothétique victoire aux prochaines municipales, mais un projet qui engage les habitants du Grand-Angoulême sur des décennies ! »

L'avenue du Général-de-Gaulle est en effet une des voies automobiles majeures d'accès au cœur de l'agglomération, avec plus de 10 000 véhicules par jour. Il faudrait certainement, pour que le projet de « Busway » soit viable, neutraliser deux voies (une montante et une descendante), tout en cohabitant avec les voitures et sans laisser de places de stationnement pour accéder aux commerces de la cité.

Le débat passionne, au-delà des clivages. Avec l'aménagement économique des zones de la Croix-Blanche et de la Jaufertie, ce sont des milliers de chalands qui sont happés à l'entrée Est de l'agglomération. La municipalité joue gros. Elle ne peut sacrifier une zone vitale à son économie - tout en se faisant le chantre de l'écologie avec son aire paysagère des Brandes - en limitant le trafic automobile, en réduisant des voies, déjà très engorgées, voire saturées, en semaine comme le week-end.

Publié le 02/04/2012 à 06h00
Par Cédric Tricaud

SUDOUEST.fr


SOYAUX : LE BUSWAY AU COEUR D'UNE DISCUSSION TRÈS ANIMÉE

Après un long débat, l'ensemble du conseil s'est mis d'accord sur le courrier à envoyer à GrandAngoulême à propos du futur busway.

Le Crealis-Néo en test à Angoulême photo d'illustration Renaud Joubert

A l'ordre du jour du conseil municipal de Soyaux, vendredi dernier, figurait, entre autres, le projet du plan de déplacement urbain arrêté par GrandAngoulême et présenté par Robert Jabouille, maire-adjoint chargé des travaux et de l'urbanisme.

Il suffit d'une petite phrase dans le texte du projet soumis au vote - «...en ce qui concerne le transport en commun en site propre, la ville de Soyaux confirme qu'elle ne possède pas les infrastructures nécessaires à sa concrétisation et notamment qu'il ne pourra pas circuler sur l'avenue du Général-de-Gaulle» - pour mettre le feu aux poudres.

Aussitôt, l'opposition monte au créneau et qualifie de «péremptoire» une telle décision. «Il faut demander leur avis aux riverains de l'avenue du Général-de-Gaulle», souligne Joëlle Rassat, tandis que Bernard Rivalleau et Fanta Diallo estiment qu'«il faut réfléchir, ne pas être fermé».

Jusqu'à La Croix-Blanche

«Je ne suis pas fermé à la discussion, mais dans l'état actuel des choses, le projet s'arrête à l'Octroi, répond le maire, François Nebout. La voie réservée pour ce bus n'est pas possible, il faut un site propre, une voie montante et une descendante. Cette proposition de projet, telle qu'elle est faite, n'est pas acceptable pour Soyaux au jour d'aujourd'hui, mais je suis prêt à écouter d'autres propositions.»

Après plusieurs échanges, le maire accepte ce que l'opposition demande, c'est-à-dire d'ajouter cette phrase: «La commune est prête à participer à toutes les réunions, à toutes les discussions et études permettant la desserte de La Croix-Blanche par l'avenue du Général-de-Gaulle.» Ce qui veut dire que le parcours du bus à haut niveau de service qui desservira le quartier du Champ-de-Manoeuvre devra être redéfini pour arriver jusqu'à la zone d'emploi de La Croix-Blanche. Du coup, le vote est unanime.

3 Avril 2012 | 04h00 - Mis à jour | 07h38
Marie-Claire NEAUD

CHARENTELIBRE.fr