COGNAC: RENDEZ-VOUS EST PRIS POUR LA MOBILISATION

Hier en fin de journée, des enseignants du collège Elisée-Mousnier de Cognac ont ravivé la flamme de la contestation, affaiblie selon eux par la présidentielle. Photo B. C.

Des banderoles sur les grilles, des panneaux de «SOS» brandis bien haut. Hier en fin d'après-midi, une soixantaine de personnes - profs, élus, parents et même quelques élèves - étaient rassemblés devant le collège Elisée-Mousnier de Cognac.

A l'endroit même d'où était partie la grogne des établissements scolaires du Cognaçais l'an passé, les enseignants qui contestent la nouvelle répartition des heures ont voulu remettre le couvert. «Ce soir, nous nous rassemblons, explique Corinne Parcelier, prof de maths au collège. Nous nous retrouvons pour insuffler une nouvelle dynamique, pour montrer que la mobilisation est toujours d'actualité.»

Moins touchés que l'an dernier par des mesures qu'ils estiment draconiennes - on parlait alors de fermeture de classe -, les enseignants du collège du centre-ville de Cognac seront tout de même confrontés, à la rentrée prochaine, à huit postes partagés. C'est-à-dire que certains d'entre eux devront effectuer leurs quotas d'heures dans différents établissements.

Par deux fois, les représentants des profs au conseil d'administration ont désapprouvé la répartition proposée par le chef d'établissement. Ils ont décidé de poursuivre leur combat. Dans les semaines à venir et peut-être une fois l'échéance présidentielle passée. «C'est vrai que l'an dernier, nous nous étions mobilisés plus tôt, admet Corinne Parcelier. Mais là, avec les élections, c'est plus compliqué. Notamment parce que tous les candidats ont quelque chose à dire sur l'Éducation. Les gens attendent, dans l'incertitude.»

CHARENTELIBRE.fr

     

« NOUS SOMMES USÉS »

Une dizaine de professeurs ont manifesté hier contre la carte scolaire devant le collège Élisée-Mousnier, jusqu'à une prochaine action coup-de-poing.


Une trentaine de personnes sont venues participer à la manifestation, hier devant les grilles du collège. (photo s. C.)

Hier, une dizaine de professeurs ont donné un visage aux « irréductibles du collège Elisée-Mousnier ». C'est sous ce nom qu'ils avaient tracté cette semaine pour annoncer la manifestation organisée, hier après-midi, devant les grilles de l'établissement scolaires.

Leur revendication ? La nouvelle carte scolaire et en particulier les aménagements qui touchent le collège. « On nous supprime quinze heures de cours, et huit enseignants se retrouvent en poste partagé avec un autre établissement », explique Corinne Parcelier, professeur de mathématiques.

À la sortie des cours, hier à 17 heures, ces « irréductibles » avaient appelé au rassemblement leurs collègues de toutes les écoles, collèges et lycées de Cognac, « pour s'indigner de la situation ».

La banderole a été posée à 15 h 30. Les premiers soutiens sont arrivés après la sortie des élèves. « Il y a des professeurs du lycée Delage ou des gens qui viennent même d'Angoulême », recense la professeur de mathématiques.

Le parcours du combattant

Cette manifestation n'est pas la première dans l'histoire du collège. « Chaque année, on se lance dans les mêmes indignations, se souvient Bruno Gay, représentant des parents d'élèves et élu au conseil d'administration au collège Élisée-Mousnier. L'année dernière, nous avions obtenu gain de cause. Aujourd'hui, on commence les manifestations un peu plus tard, mais nous sommes fatigués, usés. »

Et les revendications de 2012 prennent l'allure d'un parcours du combattant. « Nous avons commencé par des motions déposées en conseil d'administration les 13 et 20 février, résume Corinne Parcelier. Nous n'avons pas eu de réponse. Alors nous avons écrit une lettre à l'inspection académique, datée du 21 février. Après les vacances, nous recevions une réponse dans laquelle on nous expliquait que nous n'avions pas à nous plaindre. Clairement, on nous a menacés. Ils sous-entendaient que les postes conservés pourraient disparaître si nous continuions la manifestation. »

Écoutés en faisant du bruit

Profondément choqués et déçus par cette attitude, les « irréductibles » ont poursuivi leur campagne par la manifestation d'hier après-midi. « Il est clair que nous n'avons pas le soutien de l'équipe administrative du collège, assure Bruno Gay. Les actions commencent tout juste, on essaie de rassembler les gens, même si nous constatons que les parents d'élèves se sentent peu concernés. Tant qu'ils reçoivent les bulletins de leurs enfants, ça ne les touche pas plus que ça. »

Les « irréductibles » préviennent que la mobilisation va se durcir s'ils ne sont pas écoutés et prévoient une action coup de poing. « De toute façon, l'inspection réagit aux endroits où ça fait du bruit. Il ne faut pas perdre espoir », confient-ils.

SUDOUEST.fr
 

 

Lundi 16 avril à 17h30 : rassemblement devant le lycée Coulomb (Angoulême) à l'appel de la FCPE et des syndicats de l'établissement pour dénoncer les conditions de la rentrée prochaine.