La Cour des comptes a confirmé mercredi matin que l'audit sur la situation des finances publiques commandée par le Premier ministre lui sera remis dans les derniers jours de juin. Le Premier ministre affirme attendre son verdict avant de décider d'éventuelles mesures d'économies.

Ancien député PS, Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, va jouer le juge de paix ( Photo : AFP)

"Je ne suis pas sûr qu'on nous ait caché quelque chose, mais il peut y avoir des impasses. Je ne fais pas de procès, la Cour des comptes est là pour dire la vérité", a affirmé Jean-Marc Ayrault, ce mercredi matin sur RTL.

En tout cas, rarement rapport de la Cour n'aura été attendu avec autant d'impatience. Malgré une conjoncture morose, le nouveau pouvoir s'est, en effet, engagé à parvenir à l'équilibre budgétaire en 2017. Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances l'a rappelé, lundi à Berlin, en rencontrant son homologue allemand, Wolfgang Schäuble. Le Premier ministre l'a encore réaffirmé ce mercredi 23 mai, au matin.

Mais selon certains experts socialistes, il manquerait actuellement 20 à 25 milliards d'euros dans les caisses pour atteindre les 4,4% de déficit annoncés par l'ancien gouvernement pour la fin 2012, objectif que les socialistes veulent respecter. Or, difficile avec un déficit supplémentaire d'adopter de nouvelles réformes qui alourdiront un peu plus la barque sans décider dans le même temps des économies correspondantes.

L'audit de la Cour des comptes pourrait donc refroidir les ardeurs du président de la République et de son ministre de l'Economie, tous deux issus de la Cour, si le rapport révèle des déficits cachés ou des dépenses sous évaluées. Ancien député socialiste, Didier Migaud, l'actuel Premier président de la Cour, nommé par Nicolas Sarkozy, et les membres de l'institution sont donc chargés d'une mission délicate.

560 recommandations sur 772 suivies d'effets

Mais pour la Cour des comptes, cet audit commandé par le gouvernement est une belle occasion de réaffirmer son indépendance vis à vis du pouvoir. Une occasion également de démontrer qu'elle sert bien à quelque chose. Car, malgré les 42 rapports rédigés l'an dernier, dont le célèbre rapport public annuel, les 145 arrêts prononcés et les 772 recommandations émises, la Cour a toujours du mal à démontrer que ses travaux sont bien suivis d'effets par l'Executif.

Pourtant, selon la Cour, 560 de ses 772 recommandations ont bien été suivies d'effets, soit 72,5%, contre 71% en 2010. Sur ce chiffre, 192 ont fait l'objet d'une réforme totale et 368 d'une réforme partielle.

Dommage que la Cour n'entre pas dans le détail des mesures prises par les administrations. Elle cite tout au plus deux ou trois de ses recommandations qui sont restées lettre morte. Il en va ainsi de la réforme du régime des intermittents du spectacle, jugée scandaleusement coûteux, ou encore de la politique de périnatalité, que la Cour considère tout simplement inefficace.

Publié le 23/05/2012 | 15h29 |