Le président de la République a mis en garde les Grecs mercredi, au cours d'une interview accordée à la télévision grecque. Alors qu'il doit voter dimanche pour un nouveau scrutin législatif, le peuple doit avoir "confiance" en l'Europe, a assuré François Hollande. Autrement dit : choisir les formations anti-rigueur aura des conséquences. "Il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro", a déclaré le chef de l'Etat.

C'est une mise en garde, formulée en des termes très diplomatiques. Dans une interview accordée mercredi à la télévision grecque Mega Channel, François Hollande s'est adressé aux Grecs, alors qu'ils doivent se rendre aux urnes, dimanche prochain, pour de nouvelles élections législatives. "J'ai conscience que les électeurs doivent avoir la pleine souveraineté mais je dois les prévenir que (...) si l'impression est donnée que les Grecs veulent s'éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement, alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro", a déclaré le président français.

"Des efforts sont à faire"

"Abandonner toute la perspective de redressement". Une allusion aux forces politiques qui entendent lutter contre l'austérité et la troïka (FMI, UE, Banque centrale européenne), à l'image de la formation de gauche radicale Syriza, arrivée deuxième du dernier scrutin organisé le 6 mai. Celle-ci abordera cette nouvelle élection au coude à coude avec la droite conservatrice. "Moi, je respecte le peuple grec. Il décidera ce qu'il voudra à l'occasion de l'élection du mois de juin, le 17", a fait valoir François Hollande. Avant d'ajouter : "Je suis pour que la Grèce reste dans la zone euro mais les Grecs doivent savoir que cela suppose qu'il y ait une relation de confiance".

Le chef de l'Etat a également affirmé qu'il veillera à ce que la Grèce obtienne de l'Europe "des fonds pour sa croissance, pour l'amélioration de sa situation". Pour autant, il estime que "l'abandon pur et simple du mémorandum (le plan de rigueur, Ndlr) serait regardé par beaucoup de participants de la zone euro comme une rupture". "La situation financière est devenue telle que nous devons aussi avoir des garanties pour que les banques puissent être préservées et financées. Nous sommes déjà dans une autre étape. C'est ce que doivent comprendre les Grecs aussi", a-t-il ajouté. "Ce que je demande" aux Grecs, "c'est d'avoir confiance dans ce que nous pouvons faire ensemble (...) et s'ils veulent rester dans la zone euro, de savoir que l'Europe leur viendra en soutien parce que c'est nécessaire, et qu'en même temps des efforts sont à faire", a-t-il encore insisté.

A.F. (avec AFP) - leJDD.fr  - mercredi 13 juin 2012

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