Tout l'après-midi de ce samedi, la police a joué au chat et à la souris, dans les rues de Lyon, avec des militants des Jeunesses nationalistes, groupuscule d'extrême-droite, procédant à des vérifications d'identité et des interpellations.

Motif : la « marche des souchiens » qu'Alexandre Gabriac, fondateur de ce mouvement, et ses amis, voulaient organiser, ce samedi 23 juin, a été interdite par le préfet du Rhône. Interdiction confirmée ce matin par le tribunal admnistratif de Lyon.

Devant le juge, la représentante de la préfecture a justifié la décision du préfet par le risque de « troubles graves ». Pierre-Marie Bonneau, l'avocat des Jeunesses nationalistes, a développé une curieuse argumentation pour convaincre le magistrat de lever cette interdiction. « Monsieur le préfet veut-il le respect de l’ordre public, ou la rage d’un millier de personnes qui ne seront plus ensemble, unies dans une manifestation, dans un cortège, mais dispersées ? » Une promesse de troubles à peine voilée?

Dans les rues de Lyon, le déploiement des forces de l'ordre est impressionnant. Des centaines de CRS, dont certains avec des chiens, des policiers avec casque et gilet pare-balles. Et un hélicoptère tournant dans le ciel au-dessus de la ville.

A l'heure prévue de la manifestation, des jeunes gens arrivent place Guichard, lieu de départ du cortège. Ils sont aussitôt cueillis par la police. Et leur identité vérifiée.

Pas d'Alexandre Gabriac, exclu du FN pour avoir été pris en photo faisant le salut nazi, en revanche. Il était présent le matin à l'audience. « Il n'est plus à Lyon », dit un policier.

D'autres militants se sont donné rendez-vous à la gare de la Part-Dieu. Yvan Benedetti, président de l'Oeuvre française, exclu du FN pour s'être notamment déclaré « antisioniste, antisémite, anti-juif », et fondateur des Jeunesses nationalistes avec Alexandre Gabriac, s'est perché sur un escalier montant à un quai.

« L'heure de l'insoumission a sonné! », braille-t-il. Autour de lui, une quarantaine de militants. Le happening dure une dizaine de minutes. Rapidement, les CRS entourent le groupe et le repoussent vers l'extérieur de la gare. Les militants résistent. Après quelques échaufourées et tirs de gaz lacrymogènes, ils sont emmenés par petits groupes vers des cars de police stationnés devant la gare.

 « Bientôt on reviendra. On est maître chez nous », crie Yvan Benedetti quand la police l'emmène.

Présent à l'extérieur de la gare Steven Bissuel, responsable du Gud (Groupe union défense) de Lyon, syndicat étudiant d'extrême-droite, en revanche, n'a pas été inquiété.

Bilan de la journée : environ 70 membres présumés des Jeunesses nationalistes ont été arrêtés. Certains portaient « des couteaux ou des barres de fer », a déclaré Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, préfet délégué pour la défense et la sécurité du Rhône, à l'AFP.

D'autres pourraient être poursuivis pour des « violences sur agent de la force publique ». En début de soirée, la police ne signalait, en revanche, « aucune dégradation ni blessés ».

Catherine Coroller - 23/06/2012

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