Le géant du BTP est propriétaire du parc de Beaumont, où il va raser les murs de l'ancienne clinique et construire une résidence de 106 appartements pour personnes âgées.

CliniqueDrFerrand

C'est un lieu chargé d'histoire et de souvenirs. Nous sommes au chalet de Beaumont, à Soyaux, où des centaines de Charentais sont nés entre 1955 et 1982. Demain, ce sont des personnes âgées qui y couleront des jours heureux, dans une résidence (non médicalisée) de 106 appartements construite par Vinci, le géant français du BTP.

Le chalet de Beaumont se trouve en pleine ville, au milieu d'un parc boisé de près d'un hectare, ceint de hauts murs de pierres. La rue porte le nom du docteur Fernand Lamaze - célèbre neurologue et obstétricien qui, dans les années 50, développa la première méthode française d'accouchement sans douleur, méthode inspirée des techniques de préparation mentale en vogue dans les maternités d'Union soviétique. Ce médecin parisien était un communiste convaincu, tout comme le docteur Louis Ferrand (1917-1991) à Angoulême. Fils d'un important fabricant de pantoufles, le docteur Ferrand fut l'un des pionniers de la méthode Lamaze en province, qu'il pratiqua dans un « chalet calme et fleuri », le chalet de Beaumont à Soyaux…

Devenue lieu de convalescence et de soins de suite, la clinique du docteur Ferrand a souvent changé de mains. Les 35 lits furent rachetés par le centre des Glamots, à Roullet, et l'activité s'est arrêtée le 1er février 2011. Les murs et le vaste terrain demeuraient cependant propriété des petites filles du docteur Ferrand, Sylvie et Valérie Lescurat.

3 181 € le mètre carré

Aujourd'hui, ces dernières ont donc vendu au groupe Vinci, qui souhaite ici construire une résidence pour personnes âgées. Le permis de construire, déposé le 23 mars et obtenu le 20 juillet 2011, fait état de 106 appartements dans un bâtiment de deux étages d'une surface hors œuvre nette de 5 702 mètres carrés. La commercialisation de ces 106 appartements (22 T1, 74 T2 et 10 T3) vient de commencer. Elle a été confiée à la société Ovélia, qui sera le gestionnaire de cet ensemble immobilier pas comme les autres, qui n'est ni une maison de retraite ni une résidence ordinaire. Laurence Picano, directrice générale adjointe d'Ovélia, nous dit pourquoi : « Il y aura ici du personnel disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de la téléassistance dans chaque logement, un restaurant, une piscine intérieure chauffée, des animations quotidiennes et des services à la personne. »

Les logements (vendus en moyenne 3 181 € le mètre carré) sont proposés à des investisseurs ou à de futurs propriétaires occupants. Ovélia mise ici sur un chiffre d'affaires supérieur à 11 millions d'euros. La construction durera entre dix-huit et vingt-quatre mois et devrait débuter dès que la moitié des appartements seront vendus. Fin de chantier attendue au quatrième trimestre 2014.

Le chantier a été confié à l'architecte royannaise Iléana Popea, qui dit porter une attention particulière « à la préservation des espaces verts » et à l'intégration du bâtiment dans le parc, « bâtiment dont les moindres détails seront traités comme ceux d'un hôtel ».

Le vieux chalet sera rasé. Il n'était pas fonctionnel.

Publié le 27/06/2012 à 06h00
Par olivier sarazin

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