Pas de pain en forme d'anneaux olympiques, pas de bouquet aux couleurs des anneaux, pas de "JO" dans les pub sur BFM...

Le Comité international olympique (CIO) protège jalousement sa marque et son logo, au point d'être liberticide. C'est ce que dénoncent plusieurs articles, comme ce post du blogueur Lionel Maurel (spécialiste de la propriété intellectuelle), mais aussi Slate et Lemonde.fr.

Impossible d'utiliser le terme "Jeux Olympiques", ni le logo avec les anneaux, si on n'a pas payé pour le faire. A la suite de la décision du Comité Olympique d'organiser les JO à Londres, le Parlement anglais a voté en 2006 un Olympics Game Act, qui met en place ces usages restrictifs des termes et des logos.

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Cette règle s'applique entre autre aux médias, qui doivent acheter les droits pour pouvoir employer les symboles et les termes liées aux Jeux. Ainsi, BFM TV parle de "Jeux d'été", au lieu des "Jeux Olympiques", comme le souligne Slate. Contrairement à France télévisions qui a acheté les droits. Sur Twittter, le journaliste Jérome Godefroy s'en indignait :

Toutefois, précise Slate, il existe un droit à l'information, qui permet à BFM d'utiliser le terme de Jeux Olympiques lors d'un journal, mais pas pour faire de la publicité. Le terme est donc banni des pages d'autopromotion de la chaîne. Si France télé a le droit d'utiliser le terme de "Jeux Olympiques", en revanche, impossible pour les antennes du groupe d'utiliser les anneaux pour leur publicité, selon le service de presse de France télé, interviewé par Slate. "Les anneaux sont réservés aux partenaires privilégiés comme McDonald’s ou Coca-Cola qui ont contribué financièrement aux Jeux", explique-t-on.

silex

Pour autant, cette exception de droit à l'information est difficile à appliquer selon le blogueur Maurel, qui donne l'exemple du magazine The Spectator qui a été inquiété pour avoir détourné les anneaux olympiques en couverture., précisément pour évoquer les risques de censure découlant de cet usage. Maurel cite encore cet article selon lequel plusieurs firmes anglaises préfèreraient s’autocensurer et dire “The O-word” plutôt que de se risquer à employer le terme “Olympics“.

L’usage des symboles des jeux, comme les anneaux olympiques, est aussi strictement réglementé. Selon le même article du National post, une grand-mère qui a réalisé un pull pour enfant avec des anneaux olympique, au profit d'une association a dû le retirer de la vente. Un boulanger aurait même été obligé d’enlever de sa vitrine des pains en forme d’anneaux.

 

TWITTER, FACEBOOK ET YOUTUBE ÉPIÉS

Les normes imposées dépassent l'utilisation du logo et des termes des JO. Selon cet article du Monde, "route, nourriture, moyens de paiement, réseaux sociaux, le CIO et ses partenaires ont imposé leurs règles à la capitale anglaise qui sera, le temps de cet évènement planétaire, sous juridiction olympique". Ainsi, les vendeurs de nourriture sur les sites olympiques ont été interdit de vendre des frites, pour ne pas froisser Mac Donalds, partenaire de la compétition. Une petite dérogation a été autorisé pour les Fish and chips.

Le CIO dispose de 280 agents pour faire respecter cette législation, et le LOCOG, le comité d'organisation de Londre dispose lui aussi d'autres agents, pour arpenter les rues de Londres et s’assurer du respect des marques partenaires.

monde CIO

Ils auront le pouvoir d’entrer dans les commerces, et de saisir la justice par le biais de procédures d’exception accélérées pour faire appliquer des amendes allant jusqu’à 31 000 livres, souligne Calimaq.

L'ombre du "Big Brother" olympique s'étend également sur la Toile, et jusqu'aux réseaux sociaux, souligne Le Monde.Les athlètes ne pourront tweeter ou communiquer sur Facebook qu'à la première personne, sous forme de journal, mais "sans tenir le rôle de journaliste", explique le quotidien. Des mesures interdisent surtout aux spectateurs de rediffuser des vidéos ou des photos sur les réseaux sociaux, afin de protéger les exclusivités accordées aux médias. Des cellules de surveillance ont été mises en place pour épier des sites comme Twitter, Facebook, Youtube ou Instagram.

Selon Patrick Clastres, historien des Jeux olympiques, interviewé par le Monde, "on assiste à une prise de contrôle par le CIO et par ses sponsors des espaces olympiques. Ils créent un système autarcique dans lesquels s'imposent, pour une durée déterminée, une loi d'exception, à l'image des lois antiterroristes".

Par la rédaction le 30/07/2012

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