Touhami Nassiri passe dans l'émission de Nagui sur France 2 ce jeudi. Habitué des jeux et plateaux, le Sojaldicien passe souvent derrière la caméra pour animer sa propre télé locale.

Armé de son caméscope, Touhami Nassiri se prépare pour une nouvelle saison de l'AS Soyaux TV.
«D'autres clubs m'ont contacté pour que je crée aussi leur télé.» Photo Majid Bouzzit et repro CL

Il aime tellement la télé qu'il a créé la sienne. Touhami Nassiri se fait remarquer depuis trois ans et le lancement d'AS Soyaux TV, dédié à son club de football. Rubriques décalées, compte-rendus de matches originaux, détournement d'émissions de télé comme le SAV d'Omar et Fred: le jeune homme de 32 ans se fait remarquer depuis 2009 dans le petit monde du football charentais. «Des clubs sont venus me voir pour créer leur propre télévision, mais je ne peux pas tout faire», explique l'employé du centre d'appels Anteles, dans la ZI n°3 à L'Isle-d'Espagnac.

Cette passion pour l'image l'emmène régulièrement sur les plateaux de télévision. «J'aime voir l'envers du décor, être dans les loges ou me rendre compte que les plateaux sont en fait beaucoup plus petits qu'on ne l'imagine.» C'est le cas par exemple de Tout le monde veut prendre sa place. Touhami Nassiri a été sélectionné pour participer à l'émission présentée par Nagui.

Jamel, Laurence Ferrari, Eric et Ramzy...

Sa prestation est diffusée ce jeudi midi sur France 2 (1). «Je ne suis pas allé bien loin, raconte-t-il sans trop de regrets. Ils m'ont interrogé sur les séries d'horreur et je n'y connaissais rien de toute façon.»

Pour Touhami Nassiri, l'exploit était ailleurs. «Je voulais passer un petit moment avec Nagui, mais la production m'avait prévenu qu'il ne passait que très peu de temps en coulisses.» Mais la tchatche et le bagout du jeune homme lui permettent d'arriver à ses fins. Débrouillard, le créateur d'AS Soyaux TV sait se montrer persuasif lorsqu'il s'agit de s'approcher des vedettes, et même de les interviewer. Pour sa télé locale, il a même interrogé Jamel Debbouze ou Eric et Ramzy.

Le premier, il s'est «débrouillé» pour tomber sur lui après un spectacle à Carat. Les deux autres, il a profité de leur venue pour le festival de la BD en 2011. «Je leur ai posé une question sur l'AS Soyaux. Ils m'ont répondu que c'était pas un nom d'équipe, qu'il fallait les appeler les ''Warriors de Soyaux'' et qu'ils ne répondraient à mes questions seulement le jour où le club sera en ligue des champions...»

Au-delà de ces anecdotes, le Sojaldicien est fasciné par le monde du petit écran. Sans se brûler les ailes, l'ancien salarié pendant douze ans chez Auchan n'en est pas à son coup d'essai avec Nagui et son jeu. Pas étonnant donc qu'il soit considéré par les sociétés de production comme un «bon client». «Elles te demandent d'être assez ouvert, pas timide et d'avoir toujours des anecdotes à raconter.» Entre son passage chez Jean-Luc Reichman en 2005 et surtout dans l'émission de Laurence Ferrari Vis ma vie en 2003, il a de quoi faire.

«J'ai été sauveteur sur la plage pendant quelques jours. J'avais des a priori sur ce métier, où on se fait bronzer en ne faisant rien.» Non seulement, il a vu que «c'était un vrai boulot», mais en plus il a été envoyé loin des plages californiennes dont il rêvait: «Je me suis retrouvé dans le Nord de la France à Berck-Plage, un cauchemar !» On attend la parodie d'Alerte à Malibu sur sa propre télé.

(1) Jeudi à 12h05 sur France 2.

Un livre sur le Champ-de-Manoeuvre

C'était un récit autobiographique lui permettant de raconter la vie de son quartier du Champ-de-Manoeuvre. La différence de la tête aux pieds a été écrit en 2000 par Touhami Nassiri, alors qu'il avait tout juste 20 ans. «J'ai pris neuf mois de ma vie pour l'écrire, je ne sortais pas avec les copains. Malheureusement, il n'a jamais été publié. C'est dommage, je voulais reverser les droits aux associations du quartier.»

Le jeune homme estime avec le recul que le «sujet n'était pas encore assez dans l'actualité». Il en garde cependant une certaine expertise sur son quartier où il vit pour quelques semaines encore.

«La nouvelle génération n'est pas au départ plus dangereuse que la nôtre. Mais il n'y a plus du tout la même dynamique d'accompagnement qu'à notre époque. Et cela se fait ressentir», estime Touhami Nassiri.

4 Septembre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 07h48 - Maurice Bontinck

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