"Importante découverte au Quéroy». Le surtitre attire l'attention. Le titre encore plus: «Un petit bol datant de 700 ans avant J.-C. reconstitué». Voilà ce que titrait CL dans l'une de ses éditions de septembre 1974. Au coeur de cette découverte effectuée dans la grotte du Quéroy, un certain José Gomez de Soto, présenté comme responsable du groupe archéologique du Foyer d'éducation populaire de Soyaux. «Je me souviens très bien de cette découverte, dit celui qui vient de prendre sa retraite de directeur de recherches au CNRS. A l'époque, j'étais prof de collège et en même temps étudiant, et je préparais ma thèse de doctorat. La grotte du Quéroy était déjà bien connue depuis que le spéléologue Norbert Casteret y avait trouvé quelques tessons en 1936. Mais la grotte, régulièrement visitée ensuite, était réputée pour ne plus présenter de véritable intérêt scientifique. Or, j'y ai fouillé de 1972 à 1980 et ces recherches ont permis de fixer clairement le faciès typologique de la fin de l'âge du Bronze, dans un site dont la tranche chronologique court des dernières glaciations jusqu'au début de la période gauloise, au Ve siècle».

Le «petit bol» évoqué par CL, le chercheur s'en souvient parfaitement: «On l'a retrouvé en miettes lors de trois campagnes de fouilles entre 1972 et 1974, et on l'a reconstitué en 1974. D'ailleurs, depuis, grâce aux recherches postérieures, on a affiné sa chronologie et il date plus sûrement de la tranche 950-800 avant notre ère, c'est-à-dire du Bronze final».

Le bol en question a la particularité de présenter des signes gravés correspondant à un système graphique très élaboré que l'on retrouve abondamment réparti entre Alpes et Atlantique, région parisienne et Catalogne. «En gros, la Gaule», traduit Joé Gomez de Soto.

Le petit bol figure en bonne place aujourd'hui au musée d'Angoulême.

15 Septembre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 07h58 - P.S.

CHARENTELIBRE.fr