Inaugurée fin août, la Meubli-boutique de la Croix-Rouge propose des meubles et articles pour la maison, neufs et d'occasion, à très bas prix. Une première qui attire de plus en plus de monde.

Si la majorité de la clientèle dispose de ressources très réduites, la Meubli-boutique est
ouverte à tous et permet à la Croix-Rouge de récolter de l'argent pour ses actions. Photo Renaud Joubert

Sur le boulevard Poitou-Charentes, la Meubli-boutique de la Croix-Rouge peut facilement passer inaperçue. N'empêche, le jour de l'inauguration, le 20 août, des clients faisaient la queue devant ce nouveau magasin spécialisé dans la vente de meubles et d'articles pour la maison à très bas prix. La première boutique solidaire du genre à voir le jour en France, alimentée par des dons de particuliers et d'entreprises faits à la Croix-Rouge nationale. Où se côtoient vaisselle d'occasion et linge de maison tout neuf, parure de lit ou abattant WC à 8€. Ici, un bureau qui se monte sans vis ni clou coûte 40€, le miroir de salle de bains avec deux spots, 15€. Pour 200€, on peut avoir une cuisine toute neuve.

Le bouche à oreille commence à payer. «On a de plus en plus de passage», dit Maud Largeau, présidente de la délégation locale de la Croix-Rouge, qui a décidé d'ouvrir la boutique le deuxième samedi de chaque mois à partir d'octobre pour répondre à la demande pressante des clients (1).

«On a connu un gros rush à la rentrée, avec notamment pas mal d'étudiants», détaillent Lisbeth et Michèle, deux des dix bénévoles qui se relaient du lundi au vendredi. La majorité de la clientèle a peu de moyens. Bernadette, qui vit de missions d'intérim irrégulières, repart avec deux blocs étagères à 45€. «J'ai fait tous les magasins de meubles autour d'Angoulême. Pour moi, même les produits bas de gamme sont chers. Ici, c'est plus abordable.» Les gens viennent parfois de loin, Mansle, Cognac, Ruffec... C'est la première fois pour Nelly, obligée de déménager en HLM avec ses trois filles après le décès de son mari. «J'ai 1.112€ par mois aujourd'hui pour faire vivre quatre personnes. Nourriture, vêtements, tout est calculé au centime près.» 60€, c'est le montant maximum qu'elle peut mettre dans ses meubles de cuisine.

C'est Chantal Deslage, technicienne en intervention sociale et familiale à l'association A Domicile 16, qui l'accompagne. «L'avantage ici tient au mobilier neuf : il n'a pas d'histoire, c'est comme s'il appartenait immédiatement à celui qui l'achète.» Sans compter que le magasin, moderne et coquet, passe partout. «On a l'impression d'être dans n'importe quel magasin. Ce n'est pas stigmatisant pour les clients qui ont peu de moyens.»

Nadia et Stéphanie (2) en savent quelque chose, elles qui viennent régulièrement à la boutique en cachette de leurs maris. «Parce que pour eux, la Croix-Rouge, "c'est pas neuf"L'une a pourtant acheté un bureau flambant neuf pour son fils. «Quand c'est beau, ça donne envie de travailler dessus.»

Comme la vesti-boutique de l'association, route de Bordeaux, qui mêle vêtements de seconde main et articles neufs donnés par des entreprises, la Meubli-boutique est ouverte à tous les publics. La propriétaire de plusieurs logements étudiants est d'ailleurs venue acheter pas mal de mobilier ici à la rentrée.

Un outil qui permet à la Croix-Rouge de récolter de l'argent pour mener des actions sociales. «Acheter ici, c'est faire un don», rappelle Maud Largeau, qui veut notamment proposer des abonnements à la piscine aux enfants de familles démunies. Sur 400 délégations locales de la Croix-Rouge en France, celle du Grand- Angoulême est d'ailleurs celle qui commande le plus d'articles au siège national.

 (1) 20, boulevard Poitou-Charentes, ouvert du lundi au vendredi de 14h à 17h et le 2e samedi de chaque mois de 14h à 18h à partir du 13 octobre.

 (2) Les prénoms ont été changés.


27 Septembre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 07h22 - Céline Aucher

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