La zone commerciale, en chantier face au centre Clinical, a été rachetée par un fonds immobilier.

L'ouverture de la zone commerciale, en chantier, est prévue en avril 2013.
(photo tadeusz kluba/« sud ouest »)

Le parc de la Jaufertie a beau être en chantier, il change déjà de propriétaire. Face au centre Clinical, la future zone commerciale de Soyaux a été cédée par le promoteur Apsys à ImocomInvest, un fonds d'investissement basé à Paris et spécialisé dans l'immobilier commercial (1). Montant de la transaction, bouclée mi-septembre : pas moins de 24,5 millions d'euros pour 13 000 m² de locaux commerciaux promis à l'ouverture, en avril 2013.

Ne pas y chercher le signe d'une éventuelle défaillance. « Notre objectif n'est pas de conserver les actifs sur le long terme, mais de les valoriser dès que les conditions sont optimales », faisait-on savoir hier après-midi à la direction d'Apsys. Co-fondateur d'ImocomInvest, Laurent de Sayve avait même l'œil sur le projet de Soyaux « depuis le début de l'année », assure-t-il. En un an et demi, la Jaufertie est le sixième parc d'activités commerciales acquis par un fonds qui compte déjà 70 millions d'euros d'actifs dans des agglomérations de taille moyenne. Et vise les 200 millions d'euros « d'ici peu ».

le projet
« De très belles enseignes » à venir
Fort de 634 places de stationnement, la zone sera articulée autour d'un grand bâtiment et de trois restaurants. Pêle-mêle, s'y installeront Electro dépôt, Flunch, La Grande Récré, la Générale d'optique, la BNP, un salon de coiffure Coiff & Co, les meubles Nomadis, Mille et une idées (décoration), Chantemur (bricolage), un restaurant asiatique et Auchan Drive (au nez et à la barbe du Carrefour).
Philippe Gerken, directeur de l'opération chez Apsys, espère voir se concrétiser sous peu la venue de « très belles enseignes nationales », notamment dans la restauration rapide. L'ouverture est maintenue pour avril 2013.

« Très emballé »

Pourquoi avoir jeté son dévolu sur une zone en périphérie d'Angoulême ? Dès la première visite, « on s'est dit « on le prend ! », souffle Laurent de Sayve, qui se dit « très emballé » par le projet. « Les gens ont deux façons de consommer : soit dans des "retail parks", un peu loin des villes, soit en centre-ville, mais encore faut-il trouver et payer une place de stationnement. Et les boutiques qu'on y trouve ne correspondent pas forcément aux nouvelles attentes de la clientèle. » La Jaufertie serait donc à mi-chemin de l'un et l'autre, inséré dans un tissu périurbain : « On accompagne le développement des villes et on recrée une offre commerciale. Il y a des maisons tout autour du parc, ainsi qu'une administration, la clinique, le siège du Crédit agricole… »

Et Laurent de Sayve de revendiquer un parc d'enseignes nationales « discount » autour d'une « locomotive » spécialisée dans l'électroménager, Electro dépôt : « Ça correspond aux nouveaux modes de consommation, notamment en période de crise, avec des produits moins chers qu'en centre-ville. »

Mais n'y a-t-il pas un risque à se porter acquéreur d'une zone commerciale qui, fatalement, n'a pas fait ses preuves ? « Un tout petit risque », répond Laurent de Sayve. Et de rappeler que « sur l'ensemble des 20 cellules, deux ne sont pas commercialisées » : « Nos investisseurs ne veulent pas prendre de risques. On sait où on met les pieds. » Si Apsys n'est plus propriétaire du parc, il en conserve d'ailleurs la gestion. « On est d'autant plus attentif à achever la commercialisation, affirme Philippe Gerken, directeur de l'opération chez Apsys. C'est même une pression supplémentaire. »

(1) Organisme de placement collectif immobilier (OPCI), il est abondé par des investisseurs institutionnels, du type mutuelles.

Publié le 04/10/2012 à 06h00 - Par daniel bozec

SUDOUEST.fr