Le maire de Saint-Vallier tape du poing sur la table contre Cosea. Il souhaite être mieux informé des travaux et éviter les mauvaises surprises.

Patrick Favreau, (à gauche) a pu visiter la nouvelle base secondaire qui a poussé en début de
semaine à sa grande surprise. Photo CL  

Patrick Favreau, le maire de Saint-Vallier, n'est pas un amoureux fou de la ligne à grande vitesse (LGV) et surtout pas du chantier qui traverse sa petite commune sur plus de 5,7 kilomètres. Lors d'une récente réunion publique, il a appris en même temps que tout le monde que Cosea devait construire deux viaducs supplémentaires sur sa commune au nom de la préservation de l'environnement. Conséquence, 300 000 tonnes de terre supplémentaires qui s'ajouteront aux 800 000 tonnes déjà prévues dans le cadre normal du chantier (lire encadré).

Au début de la semaine, il a découvert l'arrivée de plusieurs préfabriqués au lieu-dit «Chez-Gruet». «Je n'ai pas été informé ou si mal. Ils ont débarqué, les camions ont utilisé des petits chemins communaux qui ne sont pas adaptés et je ne vois aucun assainissement sur le site alors que c'est une base qui doit accueillir 489 personnes», s'inquiète le maire. Plus globalement, il se plaint d'être considéré comme quantité négligeable. «à chaque fois que l'on tente de joindre un interlocuteur, ce n'est jamais le bon. On a vraiment un mal fou, se lamente-t-il. Il a fallu que j'alerte la préfète pour qu'ils se déplacent.»

Une seconde base au début de l'année

C'était jeudi après-midi. Christophe Bonnefon, responsable à la direction opérationnelle du secteur sud chez Cosea, accompagné de Daniel N'Guyen, le chef des travaux et d'Aurore Baconnet, chargée des problèmes de logement, ont été chargés d'arrondir les angles. «Nous avions déjà évoqué la création de cette base secondaire, mais sans doute sans préciser exactement ce dont il s'agissait», reconnaît Christophe Bonnefon qui a annoncé au passage une seconde base pour le début de l'année prochaine. «En fait il s'agit d'un point d'embauche pour 48 personnes qui peuvent y trouver un vestiaire, des douches et une salle pour réchauffer leur gamelle», précise Christophe Bonnefon.

Quant à l'assainissement, une cuve provisoire est en cours d'installation. «et nous prendrons contact avec le service d'assainissement de la communauté de communes pour contrôle.» Cosea a fait faire une étude d'assainissement par un cabinet privé. «Nous ignorions que la CDC pouvait le faire», disent-ils.

Concernant les camions qui n'utilisent pas les itinéraires prévus au mépris parfois de l'état des routes, Cosea plaide non coupable. «Nous fournissons les itinéraires. Ce ne sont pas nos camions,expliquent-ils. Et nous leur avons passé une sérieuse soufflante. Et s'il le faut, nous userons de moyens de pression.» D'autant que le maître d'oeuvre sera responsable de l'état des routes en fin de chantier.

Au cours de la réunion, il a été décidé d'organiser un point mensuel pour éviter de nouveaux hiatus. Cosea a l'impérieuse nécessité d'aller vite pour faciliter le retour sur investissement, mais ne veut pas être tenu responsable de tout.

6 Octobre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 08h34 - Pascal Huord

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