Arnaud Montebourg le 6 octobre 2012 au Salon de l'automobile à Paris (AFP)

Au salon de l'auto, Arnaud Montebourg a indiqué que la restructuration du groupe serait rediscutée lors de cette réunion entre le gouvernement, les syndicats et la direction.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a annoncé la tenue d’une réunion le 25 octobre de la direction et des syndicats de PSA, avec le gouvernement, visant à «rediscuter» le plan de restructuration du constructeur automobile. Le ministre avait commencé sa visite du Mondial de l’Automobile par une rencontre avec les syndicats de PSA Aulnay. Arrivé à bord d’une Zoé, la voiture électrique de Renault dont il a vanté les qualités, le ministre s’est ensuite rendu dans une petite salle de réunion en compagnie des représentants syndicaux de PSA Aulnay, une usine que le groupe a décidé de fermer en 2014.

«Notre souhait est d’engager une négociation au plus haut niveau» a expliqué Montebourg à la sortie d’une réunion d’une heure et demie, au Mondial de l’automobile à Paris, avec l’intersyndicale du site d’Aulnay de PSA. «Le gouvernement, Michel Sapin et moi-même, piloterons cette négociation tripartite», a-t-il dit à un groupe de salariés, précisant que celle-ci réunirait Philippe «Varin, le PDG de PSA et chacun des syndicats représentatifs dans le groupe».

Doivent aussi être organisées deux autres réunions tripartites début novembre concernant les usines de Rennes et Aulnay-sous-Bois, sites les plus durement touchés par le plan de restructuration, qui prévoit en tout 8 000 suppressions de postes, ont précisé des représentants syndicaux.

Arnaud Montebourg a souligné la nécessité de limiter l’ampleur et l’impact du plan autant que faire se peut : «Nous faisons un travail avec vos organisations syndicales pour que le plan social soit strictement proportionné aux nécessités de la relance de Peugeot. Il ne peut pas y avoir de dégâts sociaux, humains, industriels, excessifs», a-t-il dit. «Pour nous, l’objectif, c’est de reformater, de rediscuter le plan social. Nous voulons également engager Peugeot dans un processus de relance, de reconquête et de remontée», a poursuivi le ministre. «Nous avons besoin que PSA - qui est (...) un grand constructeur, qui a fait beaucoup pour la France et la France a fait beaucoup pour Peugeot aussi - soit engagé sur le chemin de la relance», a-t-il ajouté.

Peu avant l’arrivée du ministre, le leader de la CGT du site PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Jean-Pierre Mercier, avait présenté à la presse les attentes de son organisation. «Nous voulons le blocage du plan de licenciements, et nous voulons qu'à la réunion tripartite qui doit avoir lieu à la mi-octobre la direction de Peugeot soit présente et accepte le maintien de tous les emplois», a-t-il dit, ajoutant : «La famille Peugeot a largement les moyens de financer le maintien de tous les emplois et de tous les salaires des salariés de Peugeot». Refusant toute aide publique pour le groupe automobile il a estimé qu’il «n’y a pas d’argent public à donner à Peugeot, les caisses de l’Etat sont vides».

Jean-Pierre Mercier a également indiqué que le grand rendez-vous des salariés était fixé mardi matin devant les portes du salon. «Il va y avoir une grosse mobilisation des salariés de l’automobile». «Il n’y aura pas que PSA Aulnay, il y aura tout PSA, il y aura Renault, General Motors, Goodyear», ainsi que des représentants d’autres secteurs en difficuté comme la sidérurgie.

(AFP) -6 octobre 2012 à 10:40 (Mis à jour: 13:34)

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