La récente étude de l’UFC-Que Choisir sur l’entretien et la réparation automobiles, qui constate un manque tragique de concurrence, n’a pas fait que des heureux ! Le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) estime que « cette nouvelle étude de l’UFC n’a pas plus de force probante que les précédentes. » Ah bon ? L’enquête porte pourtant sur 1444 enseignes ! Et d’argumenter sur le « libre choix du consommateur, qui a une préférence pour son réseau constructeur, auprès de qui il se tourne naturellement pour entretenir les véhicules de moins de deux ans. »

Mais peut-on vraiment parler de libre choix quand l’information donnée aux consommateurs est faussée ? Car les constructeurs ont un discours bien rodé pour garder le client dans leurs filets. Au cours de notre enquête, 40 % d’entre eux ont affirmé qu’il était risqué ou anti-économique d’entretenir son véhicule hors du réseau, et ont refusé de prendre en charge une voiture d’une marque concurrente. Pire : certains trompent le consommateur en assénant que le fait de ne pas entretenir son véhicule dans le réseau lui fera perdre le bénéfice de la garantie ! Ce qui est faux. Conséquence de ces pratiques peu louables : 83% des véhicules de moins de deux ans sont effectivement, par un heureux hasard, entretenus par le constructeur. Quelle belle fidélité librement consentie !

Pour contrer nos résultats montrant la cherté de l’entretien et des réparations effectués dans les réseaux constructeurs, les professionnels ont là encore un argument-massue : « le CNPA attire l’attention sur l’absence de comparaison valable des prestations effectuées par les réseaux constructeurs et les centres autos. La qualité des pièces, le type et le nombre d’opérations incluses peuvent en outre faire sensiblement varier les prix. » Comme c’est pratique !! Le consommateur est considéré comme un mouton bêlant, fermement invité à ne pas comparer des opérations a priori similaires (révision, remplacement des plaquettes…), puisque contrairement à ce qu’il imagine (naïvement), ces opérations n’ont en fait rien à voir selon qu’elles sont pratiquées dans le réseau constructeur ou dans un centre auto ! Ben voyons…

Plus sérieusement, je compte sur l’Autorité de la concurrence et sur son président Bruno Lasserre pour se saisir de ces résultats et maintenir une position ferme sur ce sujet dans son prochain rapport sur l’automobile.

CONSOMMATEUR, SI TU SAVAIS