MADRID (Sipa) — "L'essentiel, c'est que moi j'y crois et que les joueurs y croient". A l'instar de Didier Deschamps, dimanche, dans l'émission "Téléfoot" sur TF1, l'équipe de France s'est rangée à la méthode Coué avant d'affronter l'Espagne, championne du monde et double championne d'Europe en titre, chez elle mardi. Les Bleus semblent tous avoir adopté le même leitmotiv : ne pas sous-estimer l'adversaire mais ne pas non plus sous-estimer leurs propres chances.

En conférence de presse, dimanche, à Clairefontaine, le sélectionneur justifiait l'optimisme affiché en ces termes : "Le football, c'est le seul sport collectif où il y a cette possibilité-là, sur un match, où le plus petit peut battre le plus gros. Dans tous les autres, il n' y a aucune chance. En rapport de force, même avec peu, on peut être efficaces. Et des fois, avec beaucoup, on ne l'est pas. Il ne faut pas généraliser".

Autrement dit, les Espagnols sont certes premiers au classement FIFA, alors que la France n'est que 13e, mais il n'est pas impossible de "faire un coup".

L'attaquant Olivier Giroud tenait, à peu de choses près, le même raisonnement : "C'est une génération dorée, qui est très talentueuse et ça, tout le monde le sait. Mais, si on va là-bas la tête baissée, sans aucune ambition, ce n'est pas la peine d'y aller". Pour le Gunner, il est hors de question d'abdiquer avant la bataille. "C'est sûr qu'on ne sera pas favoris. On sera outsiders mais il faut y aller sans pression, tout simplement. Je suis persuadé qu'on a, même si elle est infime, une chance de faire quelque chose là-bas".

Après tout, depuis son avènement lors de l'Euro 2008, l'Espagne a bien été battue. Pour la dernière fois en compétition officielle, par la Suisse, aujourd'hui 15e au classement FIFA, lors de la Coupe du monde 2010 (0-1).

Le défenseur helvétique Stephan Lichtsteiner, qui avait joué ce match, est revenu dimanche dans les colonnes du journal "Le Parisien/Aujourd'hui en France" sur les clés de cet exploit : "On savait qu'il fallait réussir le match parfait et c'est exactement ce que l'on a fait. On avait évolué bas, dans un 4-5-1 très regroupé et compact, mais en jouant tous les coups à fond offensivement".

"Il faut compenser la différence de maîtrise technique avec une grosse solidarité, faire deux fois plus d'effort que d'habitude et avoir un peu de chance. (...) On a eu beaucoup de réussite et il en faut contre l'Espagne", poursuivait-il.

A la veille de la rencontre, les Bleus semblaient avoir compris la recette. Mais le plus dur reste de l'appliquer...

"On sait que la qualité principale de l'Espagne, c'est ce jeu au milieu de terrain, avec de très gros joueurs", analysait Moussa Sissoko. "Ça va être à nous de mettre beaucoup de densité au milieu pour pouvoir les contrer". Il faudra "très bien défendre", scandait Laurent Koscielny. "Et pour défendre face aux Espagnols, ça sera en bloc et ça ne sera pas que les quatre défenseurs, ça sera toute l'équipe".

"Chacun aura son rôle à jouer", insistait-il encore, notamment à destination des attaquants français, qui ont plutôt brillé par leur manque d'efficacité lors des dernières rencontres, notamment face au Japon vendredi (1-0). Karim Benzema n'a plus marqué depuis son doublé face à l'Estonie, le 5 juin. Contre le Bélarus, le 11 septembre, seul un des trois buts français a été marqué par un attaquant, Franck Ribéry. "Il faut qu'ils se lâchent, qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils tentent leur chance devant", clamait le Gunner.

Jérémy Ménez, en tout cas, comme son sélectionneur, refusait de se laisser inquiéter par ces derniers résultats. "Avec les joueurs offensifs qu'on a, sur les actions offensives, on peut espérer marquer un but", assurait le Parisien dimanche.

La méthode Coué sera-t-elle suffisante pour accrocher les Espagnols sur leur terrain ? "Il faudra de la réussite", convenait Didier Deschamps. "Et que, eux, ils aient peut-être aussi de la malchance".

pel/mca - Créé le 15-10-2012 à 18h10 - Mis à jour à 18h10

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