Monsieur le Président,  Mes chers collègues,

Monsieur le Ministre de l’économie et des finances,

 

Alors que le Parlement est en pleine discussion budgétaire, la situation économique du pays se dégrade : Petroplus, PSA, Electrolux, Technicolor… La liste est longue des entreprises victimes de la dictature des dividendes.

Dans ces conditions, comme le souligne l’Observatoire français des conjonctures économiques, il n’est à notre sens pas opportun de s’accrocher à l’objectif de 3% de déficit budgétaire, avec pour conséquence la déprime des dépenses publiques et sociales utiles, et au bout du compte, le risque d’une nouvelle explosion du chômage.

Qui peut croire, Monsieur le Ministre, que l’abandon de grands projets nationaux seront susceptibles de relancer l’activité ?

Qui peut croire, Monsieur le Ministre, que la baisse des dotations aux collectivités locales, qui réalisent 72% des investissements publics, vont permettre de relancer l’économie ?

Il y a urgence à transformer profondément le financement de l’économie.

Pour soutenir les PME, il y a besoin d’un réel pôle financier public, non d’une BPI dont les opérations ne seront assorties d’aucune conditionnalité en matière d'emploi, de formation, de progrès écologiques.

Pour consolider le Crédit immobilier de France, dont la disparition programmée risque de laisser sur le carreau 2500 salariés et anéantir  un outil formidable pour les primo-accédants modestes, il y a besoin d’un pôle financier public.

Pour relancer l’investissement des collectivités territoriales, il y a besoin d’un  pôle financier public.

Monsieur le Ministre,

Nos entreprises ne sont pas des canards boiteux. Notre économie ne peut plus être victime des pigeons qui sont de véritables prédateurs financiers

N’est-il pas temps au contraire de mettre en œuvre ce  pôle public rassemblant les banques, les assurances mutualistes  et les institutions financières publiques  pour  une réorientation du crédit et de l’épargne au service de l’emploi ?

- le 23 Octobre 2012

HUMANITE.fr