La Semapex, société qui gère le Parc des expositions, survit en attendant une fusion

L'Espace Carat est occupé 122 jours par an. (photo céline levain)

En préambule du dernier Conseil communautaire jeudi 18 octobre, où les élus ont voté le rapport d'activité de l'Espace Carat pour l'année 2011, Philippe Lavaud ne pouvait que constater la fragilité financière de la Semapex. La société d'économie mixte, qui gère le parc des expositions du Grand-Angoulême, finit 2011 sur un « petit équilibre ». Elle ne doit son bilan positif qu'à la ristourne de loyers accordée depuis 2008 par la collectivité, de 211 250 € à 50 000 € par an.

Le court rapport d'activité présenté aux élus ne suscite guère l'enthousiasme. On a dénombré à Carat 56 manifestations en 2011 : 24 événements d'entreprises, 16 spectacles, dix salons grand public, quatre congrès, un salon professionnel et un événement propre (Ludopark). Soit 122 jours d'occupation en 2011, contre 117 en 2010.

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La mécatronique fait salon à Carat

Troisième acteur de l'industrie régionale, avec 15 000 emplois revendiqués, la mécatronique tient son salon à l'Espace Carat, demain et jeudi. Pour cette seconde édition du salon professionnel InterMecatronic, la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) d'Angoulême annonce 1 000 participants, douze intervenants conférenciers et 42 exposants régionaux et charentais « montrant la concentration de savoir-faire et l'implication locale pour le développement du secteur ».

La CCI compte sur ce salon pour fédérer, un peu plus, les entreprises régionales qui interviennent dans ce secteur (Leroy-Somer, Saft, Schneider, DCNS, etc.). Pour rappel, la mécatronique est une filière industrielle qui marie la mécanique et l'électronique.

« Le secteur du spectacle est en souffrance », notait Philippe Lavaud. Pour la Semapex, il ne représentait que 25 % de son chiffre d'affaires en 2011. De fait, la société mise sur l'activité congrès pour doper sa fréquentation. Si elle se félicite de la création prochaine d'un Bureau des congrès, elle relève tout de suite, dans son rapport d'activité, les freins structurels au développement de cette activité.

Ainsi, la Semapex rappelle que le parc des expositions « n'est a priori pas conçu pour les congrès. L'environnement n'est pas non plus propice : pas d'aéroport, pas d'hôtel quatre et cinq étoiles. » Carat serait donc « difficile à commercialiser ». Et de noter « deux freins à l'accueil de congrès : l'hésitation des organisateurs qui s'effraient de la mise en œuvre des espaces à créer et la moindre rentabilité puisque la mise en configuration des espaces génère des frais de manutention qui ne peuvent être refacturés au client. »

Aux incertitudes financières qui pèsent, Grand-Angoulême répond avec la recherche d'un nouveau statut juridique pour son parc des expositions. La Société publique locale (SPL) à deux actionnaires (Ville et Agglo) est en effet toujours dans les cartons. Ce projet regroupant les équipements culturels structurants (Carat, Nef, Théâtre pour commencer) a été suspendu en mars 2012, quand l'État a menacé de retirer le label Scène nationale au théâtre et de suspendre son financement à La Nef en cas d'intégration de ces deux équipements dans une SPL.

« Nous attendons une nouvelle réponse de l'État », affirme Philippe Lavaud, persuadé de pouvoir mettre en place cette société publique de gestion des équipements culturels, comme le conseille le rapport du cabinet Quadra dont nous nous sommes procurés un exemplaire.

Ce rapport sans véritable valeur ajoutée s'échine à conforter la volonté des élus pour la création de la SPL. Ainsi, Quadra critique la position de l'État et estime que les arguments de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) ne sont « pas fondés ». Le cabinet pense que l'Agglomération surmontera cet obstacle puisqu'il fixe à décembre 2012 la liquidation de la Semapex et à janvier 2013 la création de la SPL intégrant dans un premier temps La Nef, le théâtre et l'Espace Carat.

Quadra recommande aussi le recrutement rapide du futur directeur général de la SPL. Le cabinet d'études avance le nom de Gérard Lefèvre, directeur du Théâtre : « Celui-ci a fait la preuve de ses compétences et de sa loyauté. » Ce qui revient à interpréter la SPL comme une reprise en main politique des équipements structurants… Pour quels bénéfices financiers pour la collectivité ? Là-dessus, le rapport de Quadra est beaucoup plus vague. Il n'avance aucun chiffre, donne quelques pistes d'optimisation administrative, mais prévient : « Sur le plan comptable et financier, un rapprochement des différentes structures ne permettrait pas de dégager des économies importantes du fait d'activités fondamentalement différentes. »

Cela dit, avant d'en arriver à la SPL, Grand-Angoulême doit commencer par lever le veto de l'État. S'il n'y arrive pas, la Semapex et le théâtre suivront leur route. Et pour La Nef ? « Le fonctionnement en régie n'est pas adapté. Il n'est que provisoire. Si la SPL n'est pas possible, nous pourrions créer une société d'économie mixte ou relancer une délégation de service public », affirme Philippe Lavaud. Et cela moins d'un an après l'éviction de l'association Dingo…

Publié le 23/10/2012 à 06h00 | Mise à jour : 23/10/2012 à 10h17
Par bertrand ruiz

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