S’il ne s’agissait pas de l’accès aux soins, on aurait pu en rire… La journée de mardi a vu s’achever une tragi-comédie riche en rebondissements, mais pour une fin dramatique : les négociations autour des honoraires des médecins. Un sujet crucial à l’heure où 10 millions de Français renoncent à se soigner pour des raisons budgétaires. Après avoir échoué jeudi 17, puis hier midi, les négociations ont repris dans l’après-midi sous la menace de la ministre de la Santé de légiférer si aucun accord n’était trouvé. Les négociateurs ont finalement trouvé un compromis… sans les usagers (premiers intéressés) et en l’absence des complémentaires santé. La scène finale est sans intérêt pour les consommateurs: les dépassements d’honoraires, qui étaient la principale pierre d’achoppement, n’ont pas été limités. Ils seront simplement mieux pris en charge par l’assurance maladie (mais quid des complémentaires ? Pour quels conséquences sur les tarifs??). Pas de plafond, pas de sanction contre les médecins qui abusent. De même, le contrat d’accès aux soins basé sur le volontariat oblige simplement les médecins à stabiliser les dépassements, avec une prise en charge partielle des cotisations sociales. Bref le gouvernement a lâché sur tout. 24 heures chrono de négociations auraient-elles usé les participants à ce point ? Les médecins, eux, sont bien sûr ravis. Michel Chassang, le président de la Confédération des syndicats médicaux français, a salué un accord « historique, unanime au sein du corps médical ».

Cette démission des pouvoirs publics me choque d’autant plus que l’UFC-Que Choisir dénonçait en début de semaine dernière l’intolérable fracture sanitaire qui pénalise les consommateurs français : accès difficile aux médecins, dépassements d’honoraires à gogo… A l’arrivée, 54 % des Françaises vivent dans un « désert médical » gynécologique, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas accès facilement à un gynéco pratiquant le tarif sécu. Cette proportion est de 45 % pour les ophtalmos et de 28 % pour les pédiatres.

Face à ce constat, il fallait absolument des mesures drastiques : limitation des installations de médecins dans les zones surdotées, réduction des aides publiques aux praticiens installés dans ces zones et disparition progressive des dépassements d’honoraires. Rappelons tout de même que les revenus des médecins, hors dépassement, ont augmenté de moitié (en plus de l’inflation) depuis 1980… Alors, médecins malgré eux ou malades imaginaires ?

Pas terriblePassableMoyenBonTrès bon (2 votant(s)) - 24 oct 2012

CONSOMMATEUR, SI TU SAVAIS...