Quatre syndicats luxembourgeois, français et belges réclament que des mesures urgentes soient prises pour éviter la fermeture d'usines qui sont toutes rentables! Ils invitent les trois ministres de l'Economie à agir et pensent à créer une Entreprise publique européenne de la sidérurgie.

En parlant du groupe ArcelorMittal, les quatre syndicats signataires du courrier adressé
aux ministres de l'Economie, écrivent: "Il nous semble que c'est une stratégie de prédateur".
Photo: Reuters

"On doit tous s'engager pour essayer de changer le cours des choses et ne pas rester passif", a résumé lundi, Jean-Claude Bernardini, secrétaire central de l'OGBL, la philosophie d'action des syndicats SETCa, FTM CGT France, MWB-FGTB et OGBL.

Les quatre syndicats sont décidés à trouver une solution "à l'intérieur d'ArcelorMittal" pour maintenir  l'ensemble des outils de production puisque, comme le confirment cinq rapports d'audit, tous les sites sidérurgiques du Luxembourg, de Lorraine et de Wallonie "sont rentables"!

Vendredi, les quatre syndicats ont adressé une lettre commune aux ministres de l'Economie luxembourgeois et wallon, ainsi qu'au ministre de l'Industrie français pour les inviter à un "mini-sommet européen" et parler des alternatives pour donner un avenir à ces sites sidérurgiques.

Car "les alternatives existent". Ils sont d'avis que "la production peut être répartie équitablement et économiquement dans toutes les entités".

Mais c'est aux "pouvoirs publics de peser sur ces choix" aujourd'hui. Les syndicats proposent dans leur courrier la création d'une "Entreprise publique européenne de la sidérurgie".

Raréfier l'acier liquide mais maintenir les prix

La stratégie du groupe ArcelorMittal, "on la qualifie de stratégie de prédateur. C'est une multinationale prédatrice!",explique Nico Cué qui représente les métallos wallons de la MWB-FGTB.

Et il en donne les clefs: "l'objectif est de raréfier l'acier liquide pour que les prix soient le plus élevé possible. Cette raréfaction sur le marché européen lui permet de racheter des mines hors d'Europe. Il y a une volonté d'aller chercher un maximum de cash mais ça crée des tensions partout".

Mais les syndicats ont aussi la vague impression qu'ArcelorMittal est "en train de multiplier la production de brames (c'est la matière première utilisée pour la fabrication des tôles ou des plaques, ndlr) hors d'Europe et d'éteindre les hauts-fourneaux en Europe car ailleurs ils peuvent continuer à polluer puisqu'il n'y a pas de contraintes environnementales".

Publié le 29.10.12 18:52 - Maurice Fick

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