Au rayon viande de ce supermarché Match de la rue de Solférino à Lille (aux halles), certains paquets attirent le regard.

Dans un supermarché lillois, la viande sous antivol PHOTO LA VOIX DU NORD

Un gros antivol noir y est épinglé, sur le coin gauche. Comme les vêtements, les DVD ou les bouteilles d'alcool, ce sont désormais les pavés de boeuf Charal qui sont sous protection. Le faux-filet, à 25 euros le kilo, connaît le même sort, mais pas encore le steak hâché ou l'entrecôte (30 euros le kilo). «  C'était facile d'arracher le sachet et de filer avec la viande », commente le boucher dans un haussement d'épaules.

« Les vols ça n'arrête pas, ajoute une hôtesse de caisse, et pas que de la viande. C'est tout, les yaourts, les oeufs... on ouvre la boîte de six, il n'en reste que quatre ! » Si la direction de Match (qui n'a pas répondu à nos sollicitations) y voit un moyen de réduire les vols au coeur de ce quartier populaire et étudiant, les associations d'aide aux populations défavorisées ne comprennent pas.

Sans cautionner les larcins, elles voient chaque jour des personnes sans abri ou ayant un très faible budget.

« Je ne pense pas que ce soit le moyen le plus approprié, témoigne ce bénévole de la Croix Rouge lilloise. Et après, ils vont mettre un antivol sur chaque oeuf ? Sur chaque tomate ? »

La Voix Du Nord - Publié le 06/11/2012

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