Philippe Lavaud est prêt à tout refaire si le stade Vilquin ne correspond pas aux attentes Mais avant la décision du 13 décembre, il veut comprendre pourquoi le projet ne plaît pas aux sportifs.

Repro CL

C'est le genre de nouvelles à vous flinguer une soirée. Pourtant, il s'annonçait pépère le conseil communautaire de jeudi. Trois délibérations à l'ordre du jour. Dont une sur le stade d'athlétisme. Au pire, le front de gauche allait faire un peu de vagues sur le partenariat public privé (PPP). Philipe Lavaud abordait la séance avec sérénité. Mais une heure avant l'entrée en piste, Michel Broncy, vice-président de l'agglo, prévient, en catastrophe, que le stade va être disqualifié. Trop tard pour retirer la délib!

«Personne ne m'a alerté sur ce problème de vent dominant, s'étonne encore le président de GrandAngoulême qui aurait préféré que le débat n'explose pas en public. Je n'ai pas suivi le dossier techniquement. Je faisais confiance à la commission. Je veux trouver les raisons du bug !»

Et le premier bug, c'est le manque d'info des élus. Alors que Vilquin a livré son projet, certes en retard, mais le 10 septembre, «je ne comprends pas pourquoi on a attendu le matin du conseil pour montrer les plans à la commission», s'étonne Maurice Hardy, élu de Ruelle qui a porté le premier coup jeudi soir. Dans les vestiaires pourtant, les infos qui circulaient n'étaient pas rassurantes.

«Suite à une communication avec Philippe Pourrère, qui pilotait le dossier à l'agglo, nous savions que la tribune n'était pas bien placée, raconte Christian Rapion. Le président du club d'athlétisme G2A estime qu'il y a «un problème de méthode et un manque de bon sens». Avec la commission, «nous étions arrivés à un consensus satisfaisant. Mais depuis quinze mois, il n'y avait plus aucun contact».

Une période pourtant riche. En quinze mois, on est passé de trois entreprises candidates - la Saem Territoire-Charente, la Scotpa et Vilquin - à un seul choix de projet jeudi soir. Pourquoi les deux autres projets ont-ils disparu en cours de route? Pourquoi aussi, entre le cahier des charges rédigé par la commission et le projet de Vilquin y a-t-il une telle différence?

François Élie, élu d'opposition à Angoulême, a bien une idée. «Il y a un problème de rédaction. La priorisation des critères n'a pas été bien faite.» Et d'ajouter : «Je suis surpris de voir que Philippe Lavaud et Michel Broncy étaient plus préoccupés par les délais que par le fond du problème».

Pour les délais, il reste encore une petite chance d'être dans les clous. Mais d'ici le 13 décembre, date du prochain conseil, ça va bosser dur. Il va falloir remettre tout à plat avec Vilquin et voir ce qui est modifiable. «On doit pouvoir faire tourner la piste et même déplacer la tribune à l'Ouest sans incidence sur le coût du projet», avance Philippe Parera.

Mais le directeur d'Axiale, le cabinet d'architecte qui a réalisé les plans ne comprend pas la polémique. «On s'est basé sur les préconisations de la fédération française d'athlétisme. Tous les critères ont été respectés. Dans le cahier des charges, il n'y avait ni préconisation d'orientation, ni indication sur l'emplacement des tribunes.» Pour la FFA, les critères se résument à: le vent dominant doit être favorable dans la ligne droite.

Il faut maintenant savoir d'où vient ce vent. Pour Christian Rapion, il serait plutôt à l'Ouest. «Un chef d'entreprise a fait une étude avant de s'installer parce qu'il craignait les odeurs de Rousselot, brouille Philippe Lavaud. Selon lui, 10 mois sur 12, le vent dominant serait Nord-Est».

 

Philippe Lavaud prône "la bonne gestion de l'argent public"

Soit, mais qu'il soit Ouest ou Nord-Est, pour que le stade soit dans le vent, il va falloir le faire pivoter de bien plus de 20°.

À ce stade, deux solutions se dessinent pour l'avenir. «Soit on peut modifier suffisamment le plan et il y aura un stade pour l'été 2014», expose Philippe Lavaud, président de l'agglomération. Mais il ne faut pas que ces changements fassent gonfler l'enveloppe.

«Soit on ne parvient pas à faire évoluer le projet suffisamment et dans ce cas, on ne va évidemment pas voter pour un équipement qui n'est pas adapté», rassure Philippe Lavaud dont la priorité reste «la bonne gestion de l'argent public». Le grand stade tant espéré sera alors repoussé de «30 à 51 mois selon les procédures choisies. Dans ce cas, on devra aussi se poser la question si d'autres équipements ne sont pas prioritaires».

Si le projet est refusé, l'agglo devra 15.000€ d'indemnités à Vilquin, peut-être plus s'il y a recours. Et elle perdra la subvention d'un million d'euros du Centre national du développement du sport si les travaux ne commencent pas avant le mois de mai 2013.

17 Novembre 2012 | 04h00 - Mis à jour | 08h38 - Richard Tallet

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