Un  mouvement de fermeture de blocs opératoires accompagné de plusieurs manifestations s’est déroulé la semaine dernière. Demain doit avoir lieu une manifestation d’internes en médecine et de chefs de clinique dont les mots d’ordre paraissent très flous.

Regroupant une multitude de revendications de plus en plus  hétéroclites, ces mouvements sont orchestrés par le syndicat médical « Le Bloc » et les « médecins pigeons »,  soutenus par des groupes de pression à gros moyens (entre autres, la Fédération de l’Hospitalisation Privée).

L’étincelle qui a « mis le feu » est la signature, fin octobre,  du fameux avenant conventionnel n° 8 ; il est relatif au dossier des dépassements d’honoraires médicaux  extra-hospitaliers; il n’a pourtant pas été défavorable aux médecins dépasseurs car les reculades gouvernementales successives  sont allées croissantes lors de ces négociations, au préjudice des patients, absents et non consultés.

Cette D.M.D. (droite médicale décomplexée) exige la fin de toute contrainte sur sa liberté, incluant des prétentions financières sans limite, en dehors des réalités sociales. L’objectif d’accès aux soins pour tous lui devient de plus en plus étranger et négligeable…et  elle ose de plus en plus affirmer tout ceci publiquement.

Dans un tel contexte, la Coordination Santé Solidarité Gironde (COSS 33) invite :

  • notre gouvernement à éviter de nouvelles reculades pour satisfaire cette DMD et à s’engager dans la voie de la Santé Solidaire, faisant respecter le droit d’être soigné pour l’ensemble de nos concitoyens ;
  • les jeunes médecins  à poser la partie légitime de leurs revendications dans le cadre de la solidarité nationale et à s’interroger sur les motivations réelles de ceux qu’ils suivent aujourd’hui ;
  • l’ensemble des composantes du mouvement social et politique de notre pays à s’exprimer dans ce débat qui doit aborder selon nous :
  • les menaces actuelles et croissantes sur l’accès aux soins dans notre pays, mises en évidence par différentes études récentes sur le renoncement à ces soins ;
  • le revenu des médecins certes et leurs difficultés réelles éventuelles mais aussi leurs  modes de rémunération.

Elle souhaite aussi que ce débat national ( nécessité d’Etats Généraux ? ) fasse la distinction entre l’intérêt général, les préoccupations catégorielles, les revendications légitimes et  les fantasmes de quelques uns qui ne peuvent justifier les mouvements actuels des médecins.

Elle tient à affirmer  que les perdants des décisions récentes ( usagers et professionnels de santé solidaires ) ne seront NI DINDONS NI SOUMIS et vont prendre leurs affaires en main.

- le 19 Novembre 2012

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