Jeudi, le vote du futur stade d'athlétisme a été reporté. Désormais, élus et athlètes espèrent que le problème de tribune et de piste sera réglé et le projet voté.

« Dans 90 % des cas, les tribunes sont adossées au vent », estiment Christian Rapion et
Christian Grelaud du G2A. (photos T. K.)

En mai 2010, le Centre national du développement du sport allouait un million d'euros au projet du futur stade d'athlétisme du Grand-Angoulême. Dans le même temps, il accordait une subvention pour la construction d'une salle à Lyon. Cette dernière vient d'être inaugurée. Ironie de l'histoire, l'athlète angoumoisin Ben Bassaw était convié à l'inauguration. Le stade d'Angoulême, lui, est loin d'être sorti de terre.

La semaine dernière, les élus communautaires devaient approuver le projet de la société jarnacaise Vilquin, choisie pour construire ce stade dans le cadre d'un Partenariat public privé (lire ci-contre). Mais ils ont préféré décaler leur vote au 13 décembre. En cause, une tribune en pleine pluie et la ligne de 100 mètres en plein-vent (« Sud Ouest » du 16 novembre). Peu confortable pour les spectateurs comme pour les sprinteurs obligés de lutter contre le vent (généralement ils courent le vent dans le dos). Dans l'idéal, elles auraient dû être situées à l'exact opposé.

Lundi soir, le comité directeur du G2A s'est réuni. Son président, Christian Rapion, veut calmer le jeu. « Nous avons été trois à travailler sur ce dossier. Je voulais être sûr que tout le monde partageait notre position. » En substance, qu'un stade est indispensable pour l'agglomération angoumoisine.

Les dirigeants déplorent cependant de ne plus avoir fait partie de la concertation. « Nous avons travaillé de manière très intéressante avec les élus et le comité de pilotage. Nous avons fait quelques concessions et étions satisfaits du travail fourni. Malheureusement, après, on ne nous a plus demandé notre avis et on a découvert un projet dans lequel les performances n'étaient pas prises en considération », regrette Christian Grelaud, le manager du club.

Quid des performances ?

Chez lui, sur Internet, grâce à Google, il a regardé l'orientation de plusieurs stades français. « Dans 90 % des cas, les tribunes sont adossées au vent », détaille le manager du club. « Tout est très bien fait dans ce stade, sauf l'orientation de la tribune et du 100 m. Si les athlètes qui viennent en compétition ne sont pas performants, ils ne reviendront pas », redoute le manager.

Dans l'idéal, les dirigeants aimeraient que la tribune et la ligne de 100 mètres se trouvent à l'opposé. Philippe Lavaud, le confirme, changer la tribune de place est impossible car trop onéreux. Alors, le G2A espère que quelques aménagements seront possibles, comme pouvoir se servir de la ligne de 100 mètres dans les deux sens si elle est laissée à l'endroit actuel, décaler un peu la tribune pour qu'elle bénéficie de la protection du bois de Saint-Martin, décaler l'entrée du parking pour éviter qu'athlètes et automobilistes ne circulent au même endroit.

Homologué sans souci

De son côté, le président du Grand-Angoulême assure que le stade recevra l'homologation de la Fédération française d'athlétisme, qui ne tient pas compte des vents, mais simplement de considérations techniques.

« Quand nous avons reçu la proposition de Vilquin, nous nous sommes entourés de deux cabinets spécialisés, Setec et Ingesports, pour vérifier que le dossier était compatible avec les exigences de la Fédération française d'athlétisme. Ils nous ont confirmé qu'il était en adéquation avec ce qu'on voulait, éligible à une homologation et qu'il pouvait donc être débattu. Ces deux assistants à maîtrise d'ouvrage ont notamment regardé avec Météo France d'où venaient les vents dominants. « Cet équipement est parfaitement adapté. La problématique se pose pour les sportifs du G2A. Les autres associations ou écoles n'ont pas protesté », assure l'élu.

Publié le 21/11/2012 à 06h00 - Par aude boilley

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