Après le sketch de la négociation des honoraires, voilà que certains lobbies de médecins livrent bataille contre une proposition de loi sur les réseaux de soins mutualistes.

Fin octobre, les négociations ont échoué à limiter réellement les dépassements d’honoraires. Sur ce est arrivé en discussion au Parlement un texte déposé par le député Bruno Le Roux visant à conforter les réseaux de soins créés par les mutuelles, qui conventionnent des professionnels de santé. Ce dispositif permet d’obtenir des baisses de tarif et, nous dit-on, de contrôler la qualité des soins. De leur côté les assurés voient leur reste à charge réduit. D’après la députée Fanélie Carrey-Conte, rapporteure du texte, les réseaux offrent « des tarifs moyens inférieurs de 30 % aux tarifs des autres professionnels. » Un effort appréciable quand on sait que plus de 15 % des assurés ont déjà renoncé aux soins pour des raisons budgétaires…

Je suis favorable à ce système en plein essor, à la condition expresse de préserver une totale liberté pour les assurés de se faire soigner en dehors du réseau. Mais il ne soulève pas, et c’est un euphémisme, un enthousiasme délirant chez les professionnels de santé, qui poussent les hauts cris à la moindre tentative de toucher à leur autonomie tarifaire.

Conséquence : les députés, qui ont adopté le texte, l’ont amendé afin d’exclure toute possibilité de baisse de tarif chez les généralistes et les spécialistes, ce qui en réduit sérieusement l’intérêt -surtout s’agissant des spécialistes, plus enclins aux dépassements d’honoraires ! Cette restriction a été soutenue par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Or le texte visait à assurer la sécurité juridique des réseaux de soins, qui concernent aujourd’hui principalement les opticiens, dentistes et audioprothésistes. Ce faisant le dispositif n’interdit pas la création de réseaux de médecins, mais ils ne pourront pas proposer de baisse de tarif, ce qui en réduit sérieusement l’intérêt ! Les médecins se protègent donc de l’extension de réseaux de soins qui actuellement ne les concernent pas, voulant à tout prix éviter qu’ils viennent un jour marcher sur leurs plates-bandes et limiter leur liberté d’honoraires. On n’est jamais trop prudent !! Reste à savoir ce que les sénateurs feront de ce texte qui n’est pas encore à leur ordre du jour…

7 déc 2012

CONSOMMATEUR, SI TU SAVAIS