Le régiment angoumoisin fête aujourd'hui les 70 ans de la bataille de Bir Hakeim, ses 190 ans d'existence et le retour des troupes d'Afghanistan.

Le colonel François-Marie Gougeon, bientôt sur le départ. (PHOTO T.K.)

La fête aurait dû se dérouler entre le 26 mai et le 11 juin, soixante-dix ans après la bataille de Bir Hakeim, ce célèbre fait d'armes de la Seconde Guerre mondiale. Seulement voilà : au printemps, la moitié des 770 hommes du 1er Régiment d'infanterie de marine (Rima) étaient loin d'Angoulême, engagés dans des opérations en Afghanistan, au Kosovo et au Sénégal.

« Il y avait aussi les élections. L'heure ne se prêtait guère aux commémorations », ajoute le colonel François-Marie Gougeon, qui a préféré choisir la date du jeudi 13 décembre pour rendre hommage à ses illustres prédécesseurs.

 

L'histoire du régiment
1822. Le 7 août, les 1er et 2e Régiments d'infanterie de marine sont créés par ordonnance royale.

L'ÉPOPÉE COLONIALE. Le régiment est engagé en 1854 dans la guerre de Crimée, se bat en Chine en 1860 et en Annam (Viêt-Nam) en 1861 avant de participer, pendant la campagne du Mexique, à la prise de Puebla en 1863.

1870. Il s'illustre à Bazeilles, lors du célèbre épisode de « la maison de la dernière cartouche ».

1883. Prend part à la conquête coloniale en Afrique et au Tonkin.

1914-1918. Est engagé dès le 22 août 1914 dans la bataille de Rossignol, où il subit de lourdes pertes. Se signale à la bataille de Champagne, en 1915, où sa conduite lui vaut d'être cité à l'ordre des armées. En 1918, nouvelle citation après la prise de Ravitza, sur le front d'Orient.

1939-1945. S'illustre au sein des forces françaises libres, dans différentes configuration et sous d'autres noms, notamment lors du fait d'armes de Bir Hakeim.

Après-guerre. Participation aux conflits en Indochine et en Algérie.

1963. Installation du régiment à Granville et Sain-Lô.

1984. Transfert à Angoulême et intégration à la force d'action rapide.
 
Les valeurs de la République

Chez les marsouins, Bir Hakeim est un symbole. Bir Hakeim, c'est cet affrontement autour d'un point d'eau dans les sables de Libye. Bir Hakeim, c'est le courage des hommes de la première Brigade française libre du général Kœnig, formée de troupes hétéroclites ralliées au général de Gaulle. Bir Hakeim, c'est cette résistance acharnée, pendant onze jours, à moins d'un contre dix, aux attaques des armées motorisées italiennes et allemandes. Bir Hakeim, c'est ce combat qui freina l'offensive du général Rommel en direction du Canal de Suez.

« Bir Hakeim, poursuit le colonel Gougeon, c'est la reconnaissance de la France libre, la résurection de l'armée, et l'attachement indéfectibles de soldats venus de tout l'Empire aux valeurs de la République. Sous les ordres de Kœnig, on trouvait les marsouins du 1er Bataillon d'infanterie de marine et les hommes du Bataillon du Pacifique, deux unités qui, après-guerre, composèrent le 1er Rima. »

La commémoration, ce jeudi 13 décembre à Angoulême, sera marquée par une conférence de Thierry Terrier, ancien diplomate, et par une prise d'armes solennelle. Le 1er Rima profitera également de cette journée pour célébrer les 190 ans du régiment (lire ci-contre) et le retour au complet des troupes engagées, cette année, à l'étanger. Enfin, samedi, à 15 heures, au stade des Rochers à Soyaux, un match de rugby opposera l'équipe du régiment au XV du Pacifique.

Publié le 13/12/2012 à 06h00 - Par olivier sarazin

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