La Croix-Rouge et l'Afus 16, qui gère le 115, ont signé hier la convention qui met une halte de nuit
à disposition des personnes à la rue. Photo Phil Messelet

Une chambre avec deux lits, une salle de bain, une cuisine. Un studio tout neuf pour accueillir les personnes à la rue, pendant 48 à 72 heures. Des personnes qui auront droit ici aussi à un repas. Accessible par l'impasse Pierre-Loti, derrière la route de Bordeaux, la halte de nuit de la Croix-Rouge ouvrira en début de semaine prochaine pour les sans-abri de l'agglomération.

Comme le bâtiment contigu, qui abrite une salle d'attente et un bureau pour la distribution alimentaire. Coût de l'opération: plus de 70.000 €, totalement pris en charge par l'association suite à un legs. «L'idée est venue de Danièle Pigeault, responsable des maraudes [NDLR: devenue présidente de la délégation du Grand-Angoulême]», dit Maud Largeau, présidente départementale de la Croix-Rouge qui a porté tout le projet avec son équipe.

C'est la première halte de nuit à voir le jour à Angoulême. Là où les besoins sont les plus importants. «80 % des appels au 115 émanent de l'agglo. Il nous faudrait 40 à 50 places de plus», précise Gérald Roger, le directeur de l'Afus 16, la Fédération des acteurs de l'urgence sociale, qui gère le 115. On le comprend: les appels ont bondi de 65% depuis le 1erjanvier 2011!

Alors que les communes de La Couronne, Ruelle et Gond-Pontouvre ont déjà mis des locaux à disposition de l'Afus 16, que L'Isle-d'Espagnac et Roullet ne vont pas tarder à suivre, Angoulême traîne toujours la patte. «On a fait une demande il y a trois ans, sans que cela aboutisse», déplore Gérard Ménet-Haure, président de l'Afus 16. La Croix-Rouge compte d'ailleurs demander une aide publique pour le fonctionnement de sa halte de nuit.

14 Décembre 2012 | 04h00

CHARENTELIBRE.fr