L'ENFANCE ET LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE PASSENT À LA MOULINETTE DU BUDGET (FERC-CGT)

Faire réussir tous les élèves et vaincre la pauvreté impliquent des choix ambitieux. Or Dominique Bertinotti et George Pau-Langevin ont dès l'ouverture de l'atelier « Familles vulnérables, enfance et réussite éducative » planté le décor : d'une part, la volonté gouvernementale de ne plus stigmatiser les familles pauvres est contrainte par le budget et d'autre part les mesures concernant la réussite éducative sont contenues dans la future loi d’orientation et de programmation sur l’école qui, rappelons-le, est déjà écrite…  Circulez, il n'y a rien à ajouter !

Pourtant des 42 propositions contenues dans le rapport présenté, la plupart relève de revendications anciennes : scolarisation des 2 ans, gratuité de la restauration scolaire, augmentation du nombre de places en crèche, prévention sanitaire et scolaire, accès aux loisirs et à la culture, etc. qui, faute de moyens, n'ont pas été mises en œuvre, creusant plus encore les inégalités sociales… Renvoyer aujourd'hui aux départements la responsabilité des politiques de petite enfance - dédouanant au passage l’Etat-, alors qu’ils sont déjà exsangues, risque de produire les mêmes effets : sans budget, pas de mise en œuvre.

Or, pour la Ferc-Cgt, si la prévention de l’échec scolaire coûte cher, la réparation a posteriori de l’échec (redoublement, décrochage, dispositifs d’insertion des jeunes majeurs, RSA, etc.) a un coût social bien plus important. Elle estime que l’accent doit être mis dès le plus jeune âge sur la prévention et demande des moyens - reconstitution des RASED qui ont été supprimés alors qu’ils avaient un double travail de prévention / remédiation reconnue par tous les acteurs par exemple -.

Manifestement le premier ministre qui concluait la conférence (réduite à une seule journée et évinçant les organisations syndicales) n'a ni entendu notre organisation, ni les associations sur ce thème, ne retenant que la scolarisation des deux ans même si par ailleurs il a fait référence à un accès facilité à la crèche et à la cantine.

Tout cela reste bien en-deçà des propositions du rapport. Mais il est vrai qu'une nouvelle fois le gouvernement refuse de s'attaquer aux vrais problèmes : les situations de pauvreté résultent de la déstructuration du code du travail, du recours aux contrats précaires et des politiques de bas salaires pratiqués par le Medef.

Vaincre la pauvreté nécessite de donner à tous un travail décent, un salaire qui permette à chacun de vivre correctement. Cela nécessite aussi un certain courage politique.

 

- le 17 Décembre 2012